Pédopornographie au Luxembourg : « âmes sensibles s’abstenir »

Ce sont les mots du parquet pour décrire l’un des films pédopornographiques détenus et diffusés par le prévenu, à la barre du tribunal correctionnel de Luxembourg ce mercredi.

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Au total, les enquêteurs de la section protection de la jeunesse de la police judiciaire avaient retrouvé 19 039 photos et 193 films à caractère pédopornographique sur l’ordinateur du prévenu âgé aujourd’hui de 27 ans. Le parquet lui reproche d’avoir détenu, consulté et diffusé ce matériel sur une bourse d’échange entre 2010 et avril 2015. La plupart des images représentaient des filles âgées entre 8 et 15 ans.

« J’ai téléchargé et j’ai effacé quand j’ai vu de quoi il s’agissait. Car au moment de télécharger, on ne voit pas directement ce que c’est », s’est défendu mercredi après-midi le prévenu à la barre du tribunal correctionnel. En novembre 2015, il avait confié à l’expert en neuropsychiatrie qu’il était tombé, en regardant de la pornographie, sur une jeune femme dont le visage le fascinait. Il était d’avis qu’elle n’était pas mineure et avait recherché d’autres photos d’elle sur la base de mots clés.

À la barre, mercredi, il a expliqué ne pas avoir recherché de jeunes filles. « Vous n’avez pas recherché des jeunes femmes adultes! Ou bien il semble que vous ayez un ordinateur pervers , lui a répliqué la présidente Sylvie Conter. Est-ce que maintenant vous reconnaissez que vous avez un problème? » « Il semble que oui. Il me faudrait un programme qui m’empêche de rechercher de telles choses », a répondu l’informaticien.

Trente mois et une amende requis

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ces images pédopornographiques n’apparaissent pas comme cela sur votre ordinateur. Vous devez entreprendre quelque chose pour que vous ne fassiez plus ces recherches », l’a repris la présidente.

Dans son rapport, l’expert a indiqué que le prévenu ne souffre d’aucune pathologie mentale. Mais il a parlé d’un « pronostic très réservé » vu l’absence d’autocritique et de culpabilité du prévenu. « S’il n’assume pas son délit, une thérapie n’a pas de sens », a-t-il soulevé.

Ce sont les enquêteurs allemands qui avaient détecté l’activité du prévenu résidant au Grand-Duché sur la bourse d’échanges eMule. En 2014, ils étaient tombés sur un film que le premier substitut Michèle Feider a décrit, mercredi, avec les mots suivants : « Âmes sensibles s’abstenir .» L’enquête avait révélé que l’internaute effectuait ses recherches sur la base de mots-clés.

Le parquet a constaté l’absence de repentir du prévenu et a requis 30 mois de prison et une amende à son encontre. En outre, il a demandé que lui soit interdit d’exercer une activité avec des mineurs. Prononcé le 30 juin.

Fabienne Armborst

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