Mohammed Taoussi condamné à la réclusion criminelle à perpétuité
La cour d’assises du Luxembourg a condamné, vendredi, Mohammed Taoussi à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de son fils, Wassim, âgé de 3 ans.
La cour d’assises du Luxembourg a rendu son arrêt vendredi, vers midi. Elle condamne Mohammed Taoussi, un trentenaire marocain, à la peine la plus lourde, soit la réclusion criminelle à perpétuité. La cour s’est montrée sévère, puisqu’elle a assorti cette condamnation d’une période de sûreté de 25 ans. En pratique, cela signifie que l’ancien karatéka ne pourra formuler une demande de libération conditionnelle qu’après avoir purgé 25 ans de la peine à laquelle il a été condamné. Incarcéré depuis le 27 novembre 2023, il restera donc en prison au moins jusqu’au 27 novembre 2048.
Si la cour s’est montrée aussi sévère envers le trentenaire, c’est, premièrement, en raison de la gravité des faits, à savoir le meurtre de son enfant, avec la circonstance aggravante que celui-ci aurait été commis en raison des traits autistiques supposés de l’enfant. Il a fait preuve d’une violence inouïe, au mépris de la vie du petit garçon, qui a connu de nombreuses violences physiques et psychologiques durant sa courte vie.
Outre cette lourde accusation, Mohammed Taoussi a également été reconnu coupable de coups et blessures ainsi que de privation d’aliments et de soins à l’encontre de Wassim, dont la maman est décédée le 27 février 2023. Ces accusations ont conduit les jurés à estimer que Mohammed Taoussi ne pouvait bénéficier d’aucune circonstance atténuante susceptible d’adoucir la sentence. Pire encore, la cour a mis en lumière un possible risque de récidive de la part de l’homme, qu’elle considère comme manipulateur, violent, impulsif et dénué d’empathie ou de capacité à se remettre en question.
Pas de libération avant 2048
C’est donc pour s’assurer que Mohammed Taoussi restera hors d’état de nuire durant une longue période que la cour lui a imposé une période de sûreté de 25 ans, soit le maximum envisageable. Il ne pourra dès lors formuler une éventuelle demande de libération conditionnelle qu’à partir du 27 novembre 2048, soit 25 ans précisément après son premier jour d’incarcération.
Si la sévérité du jury populaire a surpris les avocats de la défense, elle a rassuré la grand-mère et la tante maternelle du petit Wassim. «Wassim est parti, cette peine de prison ne nous le rendra pas, mais monsieur Taoussi ne fera de mal à personne durant cette longue période de prison», expliquent la mère et la fille, soulagées d’avoir enfin été entendues.
Un lâcher de ballons blancs
«Nous avions fait des démarches auprès des services d’aide à la jeunesse. Malheureusement, nos déclarations n’ont jamais été prises en compte. Aujourd’hui, c’est trop tard pour Wassim, mais nous avons été écoutées», constatent les proches de l’enfant.
En mémoire du petit Wassim, ses proches ont organisé un lâcher de ballons blancs à l’issue de la session de la cour d’assises. «Il a été enterré rapidement après les faits, mais là, nous le rendons libre à tout jamais», concluent les proches.