Meurthe-et-Moselle : l’usine Paprec victime d’un deuxième incendie en un an
L’usine était vide ce samedi 19 septembre. Pourtant, un incendie s’est une nouvelle fois déclaré sur le site de Paprec à Dieulouard. Un immense panache de fumée sortait d’un bâtiment sans activité. D’importants moyens ont été engagés et les pompiers ont passé la nuit sur le feu.
Il est 18 h ce samedi. À Dieulouard, tout le monde est dehors, inquiet. Ils observent tous la même chose. Devant eux, un gigantesque panache de fumée se dégage à quelques centaines de mètres. Il provient de l’usine Paprec.
C’est le second incendie sur le site après celui du 6 novembre 2025. Cette fois, un bâtiment qui n’est plus en activité est la proie des flammes, un incendie violent qui a pu voir les flammes grimper jusqu’à plus de 15 mètres de haut.
Visible jusqu’à Saint-Avold
L’alerte a été donnée directement depuis le site. Depuis sa maison à l’intérieur de l’usine, le concierge a vu les fumées se propager devant sa fenêtre. «On est rentré à 18 h, il n’y avait rien. Puis d’un coup, mon mari a vu de la fumée», témoigne sa compagne. Sans attendre, elle appelle les secours.
Au vu de l’ampleur de l’événement, d’importants moyens sont déployés. 42 engins et 76 sapeurs-pompiers de tout le département sont mobilisés pour lutter contre les flammes.
Pour les premiers arrivés, le feu s’était déjà propagé sur plus de 4 000 m². À l’intérieur, l’ancien site abritait plusieurs centaines de tonnes de balles de bouteilles plastiques compressées, heureusement sans gaz ni électricité. Cela explique l’impressionnante fumée noire.
Le bâtiment de 12 500 m² sera finalement entièrement attaqué par l’incendie. Preuve de l’immensité du phénomène, les flammes ont été aperçues jusqu’aux abords de Toul, la fumée jusqu’à Saint-Avold (Moselle), à plus de 60 km de là.
Les flammes se sont même propagées de l’autre côté du canal à cause d’un saut de feu. Des berges se sont enflammées, sans gravité.
Aucune victime n’est à déplorer. Le concierge, sa femme et leur petite de 6 ans ont été évacués. Ils ont pu dormir chez une amie. Les salariés de l’usine de tri sont également venus sur place dès l’annonce de l’incendie. Ils ont déplacé les camions qui stationnaient habituellement à côté de l’entrepôt en feu. Les dégâts sont immenses.
Le poste de commandement des pompiers s’est déplacé pour mener les interventions. Le secrétaire général de la préfecture était également sur place.
«Baisser l’intensité du feu»
Pour les pompiers, les opérations étaient simples en théorie. «Notre première équipe a fait face à un feu virulent, souligne le colonel Cyril Greff. Notre première action (NDLR : qui était toujours en cours dans la nuit) était de circonscrire le feu là où il est, c’est-à-dire dans le bâtiment, puisqu’on ne pouvait faire entrer aucun homme à l’intérieur. On a aussi protégé les alentours, dont un parterre de 2 500 m² et l’environnement de l’entreprise.»
Face à l’impressionnant feu qui a ravagé la structure de la bâtisse, les pompiers s’attendent à une longue lutte. «On veille à baisser son intensité. Mais il ne va pas s’éteindre tout de suite. On s’attend à le gérer dans la nuit, mais le temps que la matière à l’intérieur se consume, on a affaire à un feu pour plusieurs jours.»
Si les causes ne sont pas connues, une enquête est en cours. L’incendie, lui, est circonscrit et un point de situation sera fait ce dimanche.
Nolann Rock (Le Républicain lorrain)