Metz : Il héberge sa camarade étudiante et l’agresse sexuellement
Elle l’a tenu par la main dans leurs prestigieuses études supérieures, à Metz. Un soir de septembre 2019, la «marraine» est revenue dans la région pour passer son permis de conduire. Il l’a hébergée, mais les choses ont dérapé.
Le prévenu est en costume noir, chaussures noires, chaussettes d’été qui laissent ses mollets nus s’exhiber. Signe distinctif : un ruban rose aux couleurs de la noble lutte contre le cancer du sein orne sa veste. Mais le mis en cause, tout juste trentenaire, est poursuivi pour agression sexuelle sur une personne de la gent féminine. C’était il y a déjà plus de… sept ans.
En ce soir de septembre 2019, l’ex-étudiant de la prestigieuse filière des Arts et Métiers à Metz reçoit son ancienne marraine. Trentenaire elle aussi, celle qui lui a servi de guide au sein de l’école est revenue dans la région pour passer son permis de conduire. Il l’héberge. Mais les choses dérapent après le frugal dîner : alors qu’elle est partie se coucher, affaiblie par un vilain rhume, la jeune femme sent une main se glisser dans sa culotte. C’est son «filleul» qui tente un rapport intime. La victime parvient à repousser son agresseur, lequel part à son tour se coucher. La marraine quittera l’appartement au petit matin, sans bien évidemment prévenir son hôte de ce départ précipité.
«Son corps ne lui appartenait plus»
S’il a fallu autant de temps avant de voir le dossier atterrir au tribunal, c’est parce que les deux protagonistes ne sont pas originaires de la région, sont installés ailleurs en France en raison de leur activité professionnelle (elle est enseignante-chercheuse, lui est ingénieur). Les enquêteurs devaient entendre aussi les anciens camarades de promo.
Au démarrage de cette (trop) longue histoire, le mis en cause a avoué avoir commis l’impardonnable, avant de se rétracter puis de reconnaître à nouveau les faits le jour J, à l’audience. Le prévenu a les yeux embués, sa voix est tremblotante. Il pensait avoir une opportunité.
«Alors qu’elle avait un pyjama long, qu’elle avait la crève et que, surtout, elle est homosexuelle. Où a-t-il vu qu’elle voulait le séduire?», pointe du doigt Me Laura Cassaro, représentante de la plaignante. L’avocate met en avant l’important traumatisme toujours présent chez la jeune femme : «Elle s’est sentie trahie. Aujourd’hui, elle est bloquée dans sa vie relationnelle et affective. Elle est plongée dans un effondrement psychologique.»
La parquetière suit l’avocate : «Il a agi par surprise, alors que la victime dormait. Son corps ne lui appartenait plus.» La magistrate réclame 15 mois de prison avec sursis simple à l’encontre du primo-délinquant ainsi qu’une peine d’interdiction de contact pendant un an (même si les jeunes gens ne se parlent plus) et une peine d’inéligibilité de douze mois. «Sept ans se sont écoulés, il a évolué», répond Me Frédéric Aguillon en défense. L’avocat du Val-d’Oise obtient 12 mois avec sursis et la non-inscription de la condamnation au casier judiciaire. Pour le reste, le parquet est suivi dans ses réquisitions.
Le prévenu devra aussi à celle qui l’a guidé dans les arts et métiers 5 000 euros pour le préjudice moral et 800 euros pour les frais de justice.