Matricide : la victime étouffée avec des glaçons

Claudine, 76 ans, a été retrouvée inconsciente, avec des glaçons coincés dans la gorge. Son fils, polytoxicomane, est suspecté d’avoir voulu la tuer. Il prétend ne se souvenir de rien.

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Les enquêteurs donneront des détails sur le déroulement des faits ce matin.
Les enquêteurs donneront des détails sur le déroulement des faits ce matin.

Les secouristes ont réussi à réanimer la victime. Cependant, son cerveau ayant été privé d’oxygène, la dame de 76 ans n’a survécu que quelques jours après son agression. Claudine est décédée à l’hôpital d’un arrêt respiratoire. Son fils, seule personne présente auprès de la victime au moment des faits, ne se souviendrait pas avoir attenté à la vie de sa mère qui a été retrouvée des glaçons dans la gorge le 19 juin 2024.

«Si j’étais seul sur les lieux, ce doit être moi qui l’ai tuée», a confié le prévenu qui avait consommé de l’alcool et des stupéfiants. Marc assure avoir découvert le corps de sa maman et avoir prévenu les secours. Les expertises doivent aider à déterminer le degré d’implication du prévenu, d’un tiers éventuel ou de la victime elle-même en raison des ennuis de santé liés à son alcoolisme.

L’ADN du prévenu a été relevé sur les boucles d’oreilles que portait Claudine et sur les glaçons, selon une experte en neuropathologie. «Je n’ai pas trouvé suffisamment de traces ADN d’un étranger sur la victime», souligne-t-elle. Du sang de Claudine a notamment été retrouvé près de son lit et sur son oreiller ainsi que sur des glaçons déposés sur le matelas et la table de nuit. Et de nouveau, l’haplotype du prévenu qui a laissé des traces partout.

Le profil génétique de Marc, 44 ans, est partout. Mélangé ou pas à celui de sa maman. «A priori, tout tend à prouver qu’un évènement récent s’est produit», commente le président de la 7e chambre criminelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg à qui il appartient cette semaine de juger de l’implication du prévenu dans le décès de sa maman.

Une personnalité instable

Sans ressources, Marc vivait chez sa maman. Son père est décédé quelques années plus tôt. La victime serait doucement tombée dans l’alcool. Le quadra souffrait de son côté d’addictions multiples aux drogues licites et illicites, selon un expert psychiatre. «Il consommait un litre de vodka par jour et a fait le tour de toutes les drogues possibles», indique le médecin à qui le prévenu a confié «collectionner les armes».

Selon le spécialiste, le prévenu manque de maturité et n’avait pas coupé le cordon avec sa maman. L’analyse clinique montre une «interdépendance» et «un mélange de haine et d’amour». Sa maman l’hébergeait et cette dernière ne sortant plus, il pourvoyait à sa consommation d’alcool.

Au moment des faits, Marc n’était pas atteint de troubles mentaux qui auraient pu altérer son discernement, ont conclu les experts judiciaires. Son avocate, Me Lynn Frank, précise que le prévenu n’avait pas pu immédiatement être entendu par la police étant son état. «Nous sommes dans les troubles du comportement et pas dans la maladie mentale», répond le psychiatre. «Je n’ai pas décelé de déficits mentaux.»

Un psychologue est arrivé à la même conclusion après avoir relevé divers traits psychologiques comme un besoin de satisfaction immédiat, une capacité à réduire «l’impact du stresseur», une posture victimaire, des difficultés d’introspection, une personnalité instable, un besoin narcissique d’attention, un manque d’empathie ou encore une prédisposition à la prise de risque ou une incapacité à ressentir des remords. Ce qui peut faciliter un passage à l’acte.

La suite ce matin avec les enquêteurs de la police judiciaire.

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