Lorraine : un jeune homme reçoit un coup de hachette à la tête
Un homme, serveur au Luxembourg, a été agressé dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre en rentrant chez lui. Il a frôlé la mort.
Trente jours d’incapacité totale de travail, une plaie de neuf centimètres sur le haut du crâne et une de cinq centimètres sur le côté droit : Bastien* ne doit son salut qu’à son voisin qui a prévenu les secours. «Il a entendu mes cris. Sans lui, je ne serais plus là.»
Début juillet, le jeune homme âgé de 22 ans passe une commande en ligne de deux téléphones pour une connaissance et son ami. Le duo le paye 1 400 euros. «Je leur ai dit qu’ils n’auraient pas les téléphones tout de suite, que le délai de livraison pourrait prendre du temps.» Un mois passe. Le 13 août, se sentant floué et craignant de ne jamais recevoir les téléphones, l’un d’eux invective Bastien* par message. «Je n’étais pas là pour leur prendre leur argent. Les deux savaient très bien que si les téléphones n’arrivaient pas, ils seraient remboursés. Je le leur ai dit par messages.» Pas de réponse.
Bastien, qui travaille dans la restauration au Luxembourg, ne s’en soucie plus et poursuit tranquillement son existence. Jusqu’à cette nuit du 5 septembre. «J’ai fini très tard. J’ai des horaires assez flexibles.» Il regagne son domicile situé à Hettange-Grande vers 1 h 30 du matin. Il se dirige vers la porte d’entrée quand il sent une présence derrière lui. «Deux hommes me sont tombés dessus. J’ai pris un coup de hachette directement dans la tête et je suis tombé.» Au sol, son calvaire se poursuit avec des coups de pied donnés au niveau de ses membres inférieurs.
«Je ne tenais plus debout»
«J’ai réussi à reconnaître la silhouette et les cheveux de celui que je connaissais. Il ne parlait pas. C’est lui qui m’a donné le coup de hachette. L’autre me pointait avec une arme de poing. Ils avaient des gants et étaient tout en noir.» Alerté par la scène, un voisin sort, les deux hommes prennent la fuite. En état de choc, Bastien entre chez lui et décide d’aller prendre une douche. «Je ne tenais plus debout. J’ai vu que j’allais tomber, alors j’ai demandé à mon ami qui dormait chez moi de m’emmener aux urgences.»
Direction l’hôpital Kirchberg, à Luxembourg, qui le transfère au service réanimation de la ZithaKlinik. Après plusieurs opérations, le jeune homme ressort le mardi 8 septembre et décide d’aller déposer plainte. Six jours plus tard, en inspectant son véhicule qu’il n’a pas utilisé depuis l’agression, il remarque quelque chose sur son pare-chocs arrière. «C’était un traceur. Comme ils ne connaissaient pas mon emploi du temps, ils ont enquêté sur mes habitudes. C’était prémédité.»
S’estimant chanceux de «ne pas avoir de séquelles physiques», Bastien consulte tout de même psychologue et praticien d’hypnose depuis. «Ils n’étaient pas là pour m’intimider ou pour parler. Ils sont venus pour me tuer.» Selon nos informations, il n’y a pas eu d’interpellation à ce jour. Une enquête est en cours à la brigade de gendarmerie d’Hettange-Grande. Bastien a entamé des démarches auprès d’un avocat. «Le plus dur est passé, mais le plus long est à venir.»
* Le plaignant a souhaité rester anonyme.
(Le Républicain lorrain)