Incendie à Sarrebourg : «Nous avons entendu des appels au secours»
Un incendie a fait deux victimes au centre de Sarrebourg, en Lorraine, deux chats morts asphyxiés. Tous les habitants sont sains et saufs grâce à l’intervention de deux employés communaux, sapeurs-pompiers volontaires.
Des cris d’appel au secours ont résonné aux abords de la rue du Postillon lundi 14 septembre vers 8 h 15, au centre de Sarrebourg. La mairie se trouve à quelques mètres de là. Kévin Marsac, employé de voirie communal, travaille sur le parvis de l’hôtel de ville. À l’étage, le prévisionniste de la ville, Philippe Henches, entend aussi les appels à travers une fenêtre ouverte.
Tous deux sapeurs-pompiers volontaires, aux grades d’adjudant-chef et de lieutenant, ils bondissent. Ils perçoivent une odeur de fumée qui les met aussitôt en alerte. Kévin Marsac est le premier à arriver sur les lieux. Son collègue Philippe Henches le suit de quelques mètres. Ils n’ont pas eu le temps de se concerter. Ils ne le savent pas encore mais un incendie s’est déclaré dans la cuisine d’un appartement du rez-de-chaussée de ce petit immeuble de ville de deux étages. Une épaisse fumée a envahi le logement et les communs.
Mettre les gens en sécurité
«Je suis parti en reconnaissance pour évacuer les personnes qui se trouvaient dans les communs», explique Kévin Marsac. Philippe Henches le rejoint. Ils dirigent les habitants vers la sortie et frappent aux portes. Une personne âgée est au second étage. Il faut la convaincre de partir et lui faire descendre l’escalier en douceur. «Il fallait être diplomate, puis elle a suivi le mouvement», souffle Philippe Henches. L’immeuble étant évacué, les fenêtres et les portes fermées pour éviter les courants d’air, les deux sapeurs-pompiers volontaires appliquent les procédures qu’ils connaissent par cœur. L’expérience joue. «Sauf que là, nous n’avions aucun moyen d’extinction», regrette Kévin Marsac. Ils recensent les habitants et les mettent en sécurité à l’extérieur, tout en prévenant le centre opérationnel départemental pour informer les véhicules de secours de la situation sur place.
Plus d’une vingtaine de sapeurs-pompiers arrivent avec de lourds moyens de lutte contre les incendies. Une lance est actionnée pour éteindre les flammes, finalement peu virulentes. Les dégâts, sérieux, restent limités à l’appartement du rez-de-chaussée où les corps de deux chats sont découverts, morts par asphyxie. «Les fenêtres étaient noires tellement il y avait de fumée», raconte Philippe Henches. Mais l’essentiel est sauf : pas de victimes humaines. Sauf les deux agents de la ville qui ont droit à un contrôle médical après avoir inhalé les émanations toxiques. «Du coup, on devient victimes, par la force des choses, s’étonne presque Kévin Marsac. Après l’intervention, on s’est regardés tous les deux et on s’est félicités. On a fait le boulot même sans matériel. Mais c’est sûr que démarrer la semaine comme ça, ce n’est pas habituel…»
Au centre de secours de Sarrebourg, un sentiment de fierté plane. Le lieutenant Laurent Philippe loue l’attitude de ses hommes : «Leur professionnalisme et leur sang-froid ont permis d’éviter la propagation de l’incendie, une aggravation du sinistre et du nombre de victimes. Leur action a été déterminante car des gens risquaient de rester dans la fumée.» Ils feront l’objet d’une lettre de mise en valeur de leur intervention. En attendant, rue du Postillon, la situation était parfaitement maîtrisée une heure plus tard. Les deux occupants de l’appartement endommagé font l’objet d’une mesure de relogement. Une personne a été évacuée vers le centre hospitalier, prise d’un malaise. Et les deux volontaires sont retournés au travail, en mairie.
Olivier Simon
(le Républicain lorrain)