Exercice grandeur nature : 3 accidents et 11 victimes dans le tunnel de Micheville

Un accident impliquant deux voitures, suivi de deux suraccidents et d’un incendie, a été simulé ce dimanche matin dans le tunnel de Micheville, en direction du Luxembourg. Une centaine de personnes étaient mobilisées pour cet exercice grandeur nature.

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Exercice grandeur nature dans le tunnel Micheville, à Esch-Belval. (Photos Claude Lenert)
Exercice grandeur nature dans le tunnel Micheville, à Esch-Belval. (Photos Claude Lenert)

Pas de panique malgré l’effervescence qui régnait à proximité du tunnel de Micheville, à Esch-Belval, ce dimanche matin. Pompiers, ambulanciers, policiers… une centaine de personnes se trouvaient aux abords de l’ouvrage à l’occasion d’un exercice grandeur nature.

«Chaque année, nous organisons un exercice catastrophe dans l’un des nombreux tunnels que compte le Luxembourg. Le dernier exercice dans ce tunnel remonte à quatre ans», indique d’emblée Ralph Di Marco, de l’administration des Ponts et Chaussées. Initialement prévu durant l’été, l’exercice, qui mobilise de nombreux services de secours, avait été reporté en raison de la canicule et des besoins opérationnels sur le terrain.

C’est donc ce dimanche que le scénario élaboré par les Ponts et Chaussées a pris vie. À 9h02 précisément, un accident impliquant deux voitures est signalé dans le tunnel, en direction du Luxembourg. À bord des deux véhicules se trouvent sept victimes, dont plusieurs sont grièvement blessées.

Un camion en portefeuille empêche le passage

«Alors que les services de secours sont en route, ils sont informés d’un suraccident impliquant un camion. Le conducteur du poids lourd a freiné brusquement à l’approche de l’accident et a perdu le contrôle de son véhicule, qui s’est immobilisé en travers de la chaussée», explique Christopher Schuh, chef de corps de la zone de secours Sud.

Les auteurs du scénario ne se sont pas arrêtés là. Un troisième accident se produit à l’approche du tunnel. Il implique une moto et une voiture.

«Alors qu’ils approchaient du tunnel, les services de secours ont été confrontés à cet accident. Le motard est grièvement blessé après avoir percuté l’arrière de la voiture qui le précédait», détaille le chef de zone.

Les premiers intervenants prennent alors en charge le motard ainsi que le conducteur de la voiture, en état de choc, tout comme le chauffeur du poids lourd qui a assisté à la collision.

Alors que les équipes s’organisent pour intervenir sur les différents accidents, les services de secours sont confrontés à une nouvelle difficulté : le camion obstruant la chaussée, il leur est impossible de progresser et de s’approcher de la collision survenue peu après 9 h.

Un suraccident et un incendie

«Les services de secours décident donc de rebrousser chemin et d’emprunter le tunnel à contresens afin d’approcher les deux premiers véhicules accidentés et de prendre en charge les victimes», raconte le commandant de la zone.

Une fois encore, l’administration des Ponts et Chaussées complique le scénario.

«Un peu avant l’arrivée des secours, à 9h43, de la fumée s’est dégagée de l’une des deux voitures accidentées. Il est dès lors impossible d’emprunter le tunnel à contresens», indique Ralph Di Marco.

Rapidement, le système de ventilation du tunnel se déclenche afin d’évacuer la fumée. Des messages sont alors diffusés pour inviter les automobilistes à quitter les lieux en empruntant la galerie de secours, dont le balisage lumineux s’active.

Alors que tous les dispositifs de sécurité du tunnel sont enclenchés, les services de secours décident d’emprunter l’autre galerie, en direction de la France, afin de s’approcher du premier accident et de prendre en charge les victimes.

Il faudra finalement plus d’une heure aux secours pour atteindre les victimes, qui seront évacuées à partir de 10h06 en fonction de la gravité de leurs blessures et des soins à leur prodiguer. Une attente particulièrement longue pour les blessés, dont certains hurlent de douleur.

L’ensemble des victimes sera finalement évacué peu avant midi.

Présents sur place, nous avons trouvé le temps extrêmement long, particulièrement pour les occupants des deux premières voitures accidentées, qui ont dû patienter plus d’une heure malgré des blessures relativement graves.

Pas un exercice raté

Si le délai d’intervention peut paraître très long avant l’arrivée des secours auprès des victimes du premier accident, Paul Mangen, chef de la division Autoroutes à l’administration des Ponts et Chaussées, estime qu’il ne s’agit pas d’un exercice raté.

«Le scénario que nous avons mis sur pied était très complexe», indique-t-il d’emblée, avant d’ajouter que ces infrastructures sont rarement mises à la disposition des secours pour ce type d’exercice.

«L’objectif d’un exercice comme celui-ci est de tester la communication entre les équipes ainsi que la chaîne de commandement. Tous les systèmes de sécurité du tunnel ont fonctionné correctement. Cet exercice grandeur nature doit nous permettre de vérifier nos procédures, mais aussi, le cas échéant, de les adapter aux réalités du terrain», conclut-il.

«56 minutes, ce n’est pas satisfaisant»

Christopher Schuh, chef de corps de la zone de secours Sud, reconnaît d’emblée que les 56 minutes écoulées entre l’appel aux secours et la prise en charge des victimes dans les deux premières voitures accidentées ne sont pas satisfaisantes.

Christopher Schuh, le chef de corps de la zone de secours Sud.

«Effectivement, 56 minutes, c’est très long. Mais le scénario était particulièrement complexe. Nous avons dû modifier notre approche et notre tactique à trois reprises en fonction de l’évolution de la situation. Des exercices comme celui-ci nous permettent d’identifier les points qui pourraient être améliorés.

Dans ce cas précis, je n’ai pas constaté d’erreurs graves ou de manquements qui nous auraient fait perdre un temps considérable. Chaque institution participante va analyser l’exercice et établir un rapport. Nous procéderons ensuite à une mise en commun afin d’améliorer nos interventions», conclut Christopher Schuh.

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