Deux garagistes visés par une cinquantaine de plaintes
Le tribunal de Thionville doit juger deux frères pour des affaires d’escroquerie liées à des ventes de voitures en Moselle-Nord. Des clients dénoncent des véhicules non conformes et des pannes.
Une cinquantaine de victimes figuraient au cœur d’un épineux dossier d’escroquerie jugé mardi 29 septembre au tribunal de Thionville. Les magistrats se sont accordés avec les avocats de la défense sur un point : «C’est une pelote de laine.» Malgré neuf ans d’instruction, de grandes parts d’ombre demeurent et ont rendu l’audience particulièrement «insatisfaisante» selon les mots du parquet.
Manque de preuves, des voitures demeurées sous scellé des années durant, des témoins interrogés plusieurs années après les faits, difficile de rendre justice dans ces conditions. Deux prévenus, frères, comparaissaient côte à côte. L’un pour des faits de tromperie sur marchandise. L’autre pour escroquerie, exécution d’un travail dissimulé, tromperie sur marchandise, banqueroute et pratique commerciale trompeuse.
Les événements remontent à 2017. Les frères tenaient plusieurs enseignes de vente d’automobiles dans différentes communes de Moselle-Nord. Les victimes sont à la fois des garages, mais aussi des particuliers. Ces derniers rapportent des véhicules non conformes aux annonces vues en ligne, des impossibilités de s’immatriculer, des problèmes mécaniques survenus peu après la vente.
Des voitures achetées au Luxembourg
L’un des prévenus se serait rendu en Belgique et au Luxembourg pour y acheter des véhicules. Des achats licites, d’abord, afin d’obtenir la confiance des vendeurs. Puis, des faux ordres de virement et des chèques sans provision auraient remplacé les paiements. Au total, treize garages auraient été lésés. Le prévenu assure n’avoir «jamais été en Belgique». Il n’explique pas comment les garagistes l’ont identifié en photo durant l’instruction. Au tribunal, il raconte avoir agi selon les consignes de son employeur de l’époque. Faute d’éléments suffisants, le ministère public a abandonné une partie des charges.
Pour le reste, il a estimé que le dossier contenait «des preuves flagrantes de la culpabilité» du prévenu, évaluant à plus de 95 000 euros les préjudices subis par les sept garages retenus. Il a requis 24 mois d’emprisonnement, dont douze ferme, une obligation de travailler afin de payer les dommages et d’indemniser les victimes, ainsi qu’une interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale. Pour le second prévenu ont été requis une amende de 3 000 euros ainsi qu’une interdiction de gérer une société commerciale pendant trois ans. Le jugement sera rendu le 23 novembre.
(Le Républicain lorrain)