Arlon : un homme accusé du meurtre de son fils de 3 ans

C’est une bien triste affaire que s’apprête à juger la cour d’assises d’Arlon. Mohammed Taoussi, 32 ans, doit répondre du meurtre de son fils Wassim, le 25 novembre 2023.

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Les juges de la cour d’assises d’Arlon siégeront aux côtés de douze jurés, tirés au sort ce mercredi.
Les juges de la cour d’assises d’Arlon siégeront aux côtés de douze jurés, tirés au sort ce mercredi.

Le père devra répondre de ses actes dès lundi. Ce mercredi, le jury de douze citoyens a été constitué.

Six hommes et six femmes, tirés au sort parmi la population de la province de Luxembourg, composent donc le jury de la cour d’assises d’Arlon. Ils auront la lourde tâche de juger Mohammed Taoussi, accusé du meurtre de son fils Wassim, âgé d’un peu plus de trois ans au moment de son décès.

Outre le meurtre de son fils, le trentenaire doit répondre de faits de privation d’aliments et de soins, mais aussi de coups et blessures volontaires sur son petit garçon. Des faits que le père de famille conteste. Depuis sa privation de liberté, le 27 novembre 2023, il maintient ne pas avoir voulu tuer son fils, malgré les éléments à charge que contient le dossier.

Si, dans un premier temps, le décès de l’enfant, arrivé inconscient à l’hôpital d’Arlon, n’avait pas été considéré comme suspect par le médecin urgentiste, des témoignages sont rapidement parvenus à la police, faisant état de soupçons de maltraitance.

Outre les témoins qui expliquent avoir entendu le père crier sur son fils ou encore des bruits de gifles, le jeune enfant avait été admis à plusieurs reprises à l’hôpital avec des blessures conséquentes, comme un fémur cassé ou une épaule déboîtée.

Il ressort également de plusieurs témoignages que Mohammed Taoussi traitait son petit garçon, qui ne parlait pas mais poussait des cris, de «gogol».

Des coups à la tête

L’autopsie de la petite dépouille a, quant à elle, révélé de multiples ecchymoses sur l’ensemble du corps ainsi qu’au niveau du visage. Le corps de l’enfant présentait également une lésion suggérant une morsure à la cuisse, ainsi qu’un important hématome cérébral. Une fracture de l’os hyoïde laissait également supposer des gestes d’étranglement.

Au vu de ces éléments, le médecin légiste avait conclu que «l’autopsie pointe vers un homicide à la suite de coups ou d’impacts à la tête. Des coups responsables d’une hémorragie intracrânienne létale, associée à des gestes d’étranglement.»

L’enquête a également permis d’établir que, depuis le décès accidentel de la maman de Wassim, le 27 février 2023, l’enfant et son père vivaient dans des conditions assez précaires, dans un environnement à l’hygiène déplorable et avec peu de nourriture fraîche.

Ces différents éléments ont conduit la juge d’instruction à l’accuser du meurtre de son fils, de coups et blessures volontaires à son encontre ainsi que de privation d’aliments et de soins.

Dès lundi, le jury sera confronté aux récits glaçants des services de secours ainsi que des différents intervenants qui ont côtoyé ou pris en charge le petit Wassim.

Les jurés auront également la lourde tâche de condamner, ou non, ce père de famille et, le cas échéant, de lui infliger une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

Des jurés dans la fonction de juge

La cour d’assises est une juridiction temporaire mise en place pour juger les faits les plus graves, comme par exemple les meurtres ou les assassinats.

Cette juridiction est constituée de trois magistrats professionnels : un président et deux juges assesseurs. Douze jurés et trois jurés suppléants, tirés au sort parmi la population de la province où ont été commis les faits, complètent la cour.

Durant toute la durée du procès, ils auront la fonction de juge et devront déterminer, au vu des différents éléments, si l’accusé est coupable ou non des faits qui lui sont reprochés. Le cas échéant, ils seront aussi chargés de lui infliger la peine qu’ils estiment être la juste répression.

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