Moustique tigre : à Bonnevoie, les habitants appelés à traquer les eaux stagnantes
Ce mercredi, l’Inspection sanitaire est allée à la rencontre des habitants de Bonnevoie pour limiter la prolifération du moustique tigre.
Une sonnette retentit. Derrière la porte, un habitant de Bonnevoie découvre les agents de l’Inspection sanitaire venus lui parler d’un visiteur indésirable : le moustique tigre. Dans le secteur du parc Kaltreis, plusieurs équipes sillonnent les rues ce mercredi après-midi. Leur mission : rappeler aux habitants que quelques centimètres d’eau stagnante peuvent suffire à offrir au moustique un lieu de ponte.
Jean, qui habite le quartier «depuis toujours», n’est pas particulièrement inquiet. Il avait déjà entendu parler de l’opération, après avoir lu des informations dans la presse et sur le site du gouvernement. «Ça ne me fait pas peur, c’est la nature. Elle évolue», estime-t-il, évoquant aussi les déplacements internationaux des touristes et les transports de marchandises.
Le moustique tigre, lui ne l’a pas encore aperçu. «À moins que je fasse un peu plus attention», sourit-il. Les explications que lui ont fournies les agents lui paraissent en revanche concrètes : éviter les petites flaques et les récipients où l’eau peut stagner, notamment dans les jardins. Une vigilance qui ne devrait toutefois pas bouleverser son quotidien.
«Ils sont là»
Car c’est bien la présence durable du moustique qui motive cette opération. «Le moustique tigre est, selon notre évaluation maintenant, implanté dans le quartier, plus seulement de passage», explique le Dr Anne Vergison, cheffe de pôle adjointe de l’Inspection sanitaire, à la direction de la Santé. L’objectif est désormais de «limiter» cette implantation et d’éviter qu’elle ne s’étende.
Depuis 2023, plusieurs habitants signalent des moustiques suspects via l’application Mosquito Alert. Face à la répétition des signalements, la surveillance a été renforcée cette année. Plus d’une dizaine de moustiques adultes ont déjà été identifiés en 2026 à Bonnevoie, «et ça se répète maintenant sur plusieurs semaines». Pour le Dr Anne Vergison, ils pourraient passer l’hiver dans le quartier.
La direction de la Santé cherche désormais à déterminer l’étendue de cette implantation. Des pièges supplémentaires sont installés à une plus grande distance du premier point de détection. Le périmètre de sensibilisation s’étend, lui, dans un rayon de 300 mètres autour du piège où un moustique tigre a été détecté, soit «quelques centaines de maisons» à visiter.
Sur le terrain, l’accueil est plutôt bon. «Les gens sont très sensibilisés et curieux, intéressés», constate le Dr Vergison. Certains viennent même à la rencontre des équipes, après avoir entendu parler de leur passage à la radio.
Pas de panique
Si le moustique tigre est capable de transmettre la dengue, le chikungunya ou le Zika, sa présence à Bonnevoie ne signifie pas que les habitants courent actuellement un risque important. «Pour l’instant, le risque n’est pas important du tout», insiste le médecin. Le problème apparaîtrait si une personne infectée revenait d’une zone où ces maladies circulent et se faisait piquer par un moustique tigre dans le quartier. Le moustique pourrait alors transmettre le virus à une autre personne.
C’est notamment le mécanisme à l’origine de cas de dengue autochtones observés en France. «Il ne faut pas semer la panique», affirme le Dr Vergison. Surtout qu’en elle-même, une piqûre de moustique tigre n’est pas différente de celle d’un autre moustique : elle peut provoquer des démangeaisons, mais certaines personnes ne ressentent quasiment rien.
Pour l’heure, la priorité reste donc la prévention. Le moustique tigre apprécie particulièrement les petits réservoirs d’eau artificiels : soucoupes de pots de fleurs, vieux pneus, récipients de jardin et, de manière générale, toute zone où l’eau peut rester stagnante. «Si on peut les vider, il faut les vider», insiste le Dr Anne Vergison. En supprimant ces petites réserves, on réduit fortement les possibilités de ponte.
Et la vigilance pourrait devenir de plus en plus nécessaire. D’après les observations de la direction de la Santé, le nombre de lieux positifs augmente généralement d’une année sur l’autre. La saison 2026 est toutefois particulière, la période de canicule et de sécheresse ayant limité la prolifération des moustiques jusqu’à présent.