Luxembourg Fashion Week : «Notre événement fait du bruit à l’étranger»
L’événement de mode se déroulera pour la deuxième fois consécutive à l’hôtel Le Royal à Luxembourg.
Une Fashion Week luxembourgeoise «sans limites». Pour cette nouvelle édition, la huitième, treize créateurs ont décidé de répondre à l’appel de Fabiola Puga, la créatrice de l’événement.
Parmi eux, des Luxembourgeois, des Belges, des Français, mais aussi des internationaux. Pour la première fois, deux créatrices venues d’Argentine font leur entrée dans la Luxembourg Fashion Week.
«Il y a quelques années, nous avons accueilli une personne originaire de Turquie. Mais il est vrai que cette année, nous avons davantage de personnes venant de l’international. Cela prouve que notre événement fait quand même du bruit à l’étranger», indique la fondatrice.
Assise dans le public de la conférence de presse, Fer Maroni, une créatrice de mode, a fait des milliers de kilomètres pour rejoindre le Luxembourg. «C’était un long voyage», confie-t-elle.
Ingénieure de profession, cette femme originaire de la ville de Córdoba en Argentine s’est lancée il y a quinze ans dans l’univers de la mode. Elle a fondé dans sa ville d’origine sa marque Amaro Amore, pour laquelle elle crée différents vêtements, dont des robes de cocktail.
«Je suis déjà venue au Grand-Duché il y a quelques années, mais c’était pour mon ancien métier. Là j’y reviens en tant que créatrice de mode et en ayant réalisé mon rêve. C’est une grande fierté», raconte-t-elle.
Si des créatrices internationales sont présentes, l’objectif de la Fashion Week du Luxembourg reste toujours de promouvoir les créateurs locaux. «Ils seront toujours prioritaires», note la fondatrice de l’événement, qui présente cette année sa propre création.
Nancy Schroeder-Zwank, plus connue sous le nom de NAZ, participe pour la première fois à la Luxembourg Fashion Week. Artiste designeuse luxembourgeoise, elle crée des œuvres où elle mêle art, design, mode et émotion. «On n’est pas obligé de les mettre seulement sur le mur dans un musée, on peut aussi les porter sur soi. C’est ce que j’ai essayé de faire», confie-t-elle.
Sabine Lehot, la fondatrice de Tohora, fera, elle aussi, sa première. Cette Française qui vit au Luxembourg, «dénicheuse de soies rares», a imaginé une collection de slow fashion.
Pour cela, elle s’est entourée d’Eriselda Hoxha, couturière depuis 25 ans. Elles ont imaginé et créé une collection de sept pièces uniques. «Je me suis inspirée du savoir-faire ancestral du tissage indien et de l’élégance audacieuse des années 60», explique-t-elle.
«Nous avons dû freiner les inscriptions»
Samedi prochain, les treize créateurs d’horizons variés présenteront leurs collections sur le thème «No Limits», dans lequel l’art et la mode s’entremêlent. «La mode est là pour créer, surprendre, rassembler, faire passer des émotions et parfois même bousculer les codes. Ce n’est pas seulement un vêtement, c’est une façon de s’exprimer, de raconter une histoire et de porter un message», soutient Fabiola Puga.
Pour l’organisatrice de la Luxembourg Fashion Week, cette manifestation n’est pas «qu’un simple défilé de mode, mais une scène de création qui a pris une certaine ampleur».
Depuis quelques années, les créateurs sont en effet plus nombreux à vouloir présenter leurs collections au Luxembourg. «L’année dernière, on n’en avait que huit et là on dépasse la dizaine. Nous avons dû freiner les inscriptions par manque de place», indique-t-elle.
Si le Grand-Duché est encore loin d’être un pays de mode à l’image de la France ou de l’Italie, la Luxembourg Fashion Week a permis à certains artistes de l’industrie de la mode de se développer. «Il y a une montée en puissance au niveau de la visibilité, ça n’a plus rien à voir avec les débuts (…). Il fallait déjà oser le faire ici. Et oui, je pense que beaucoup ont réussi à grandir grâce à cela», ajoute Fabiola Puga.
Pour développer encore cet événement au Luxembourg, la fondatrice souhaiterait créer une ASBL. «Une organisation comme ça coûte énormément d’argent, car c’est uniquement du privé. Mais en créant une association, on pourrait avoir des subventions et faire quelque chose d’encore plus grand. Car notre but reste de promouvoir les créateurs, les jeunes aussi, qui travaillent pendant un an pour présenter leur collection à la Fashion Week», conclut Fabiola Puga.