Les pollinisateurs, des petits insectes «d’une grande valeur pour nous»

Le Parc Merveilleux inaugure le Bestëbserwee, un sentier pour apprendre à protéger des insectes fragilisés et pourtant essentiels : les pollinisateurs.

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Pour Roby Biwer, les enfants sont de précieux alliés pour protéger la nature.
Pour Roby Biwer, les enfants sont de précieux alliés pour protéger la nature.

Au Parc Merveilleux, les pollinisateurs ont désormais leur propre sentier. Le parcours Bestëbserwee (sentier des pollinisateurs) a été inauguré en présence des principaux intéressés que sont des élèves d’écoles fondamentales invités pour l’occasion.

Développé depuis 2024, le projet veut mieux faire connaître ces petits animaux souvent ignorés, mais indispensables à l’équilibre de la nature.

Et dès le panneau d’accueil, les visiteurs sont invités à découvrir les pollinisateurs locaux, avec leur rôle dans la vie quotidienne ou les gestes permettant de les protéger.

Le parcours comprend aussi un hôtel à insectes, des ruches, un nid de couvain (NDLR : la nurserie d’une colonie) et une «alvéole de pique-nique» consacrée aux bons réflexes quand des guêpes s’invitent au repas.

«Être en contact avec la nature»

Pour Roby Biwer, le président de natur&ëmwelt, l’idée dépasse la découverte d’un sentier. Il s’agit de sensibiliser à la valeur des pollinisateurs, pour la nature comme pour les humains : «Sans eux, une grande partie de notre nourriture subirait un déclin évident», rappelle-t-il.

Une sensibilisation qui vise surtout les enfants. Roby Biwer insiste sur leur capacité à devenir des «alliés de la protection de la nature, parce qu’ils sont encore très ouverts, curieux».

Mais le Bestëbserwee cherche aussi à recréer un lien direct avec le vivant. À l’heure où de plus en plus de connaissances passent par les écrans, Roby Biwer insiste sur l’importance d’«être en contact avec la nature». Ce contact est d’autant plus nécessaire que la biodiversité reste, selon lui, un terme «trop abstrait et trop scientifique».

Le parcours tente donc de la rendre tangible, en montrant les interdépendances qui composent le vivant : les insectes nourrissent les oiseaux, les chenilles deviennent des papillons et «la disparition d’un maillon fragilise toute la chaîne», résume-t-il.

Nadine Wagner, professeure freelance impliquée dans le projet, explique que l’équipe s’est appuyée sur son expérience avec les classes accueillies presque quotidiennement au parc pour concevoir des stations adaptées aux plus jeunes.

Les textes, rédigés pour être compris à partir de 8 ou 9 ans, sont complétés par des éléments de jeu et de manipulation accessibles aussi aux plus petits. «Mettre des panneaux plats où il n’y a rien qui se passe pour les enfants, ce n’est pas très intéressant», résume-t-elle.

Marc Neu, chargé de direction au Parc Merveilleux, y voit une continuité avec le travail de l’école zoologique du parc : «Les enfants, ce qui les intéresse, c’est d’apprendre sur le tas, pouvoir expérimenter avec tous les sens.»

Le sentier compte une dizaine de stations pédagogiques consacrées aux pollinisateurs et aux gestes pour les protéger.
Le sentier compte une dizaine de stations pédagogiques consacrées aux pollinisateurs et aux gestes pour les protéger.

Plus que des abeilles

Le parcours invite à dépasser l’image de l’abeille domestique comme seul pollinisateur. «Elles ne font qu’un tiers de la pollinisation», souligne Roby Biwer. Guêpes sociales, papillons, mouches ou abeilles sauvages participent eux aussi à cet équilibre, même s’ils suscitent parfois moins de sympathie.

C’est notamment le cas des guêpes, auxquelles le sentier consacre plusieurs messages de prévention. «On voulait faire passer le message que ce sont de petits insectes, mais d’une grande valeur pour nous», explique Nadine Wagner. «Souvent, ils sont plutôt ressentis comme embêtants, par exemple quand ils viennent voir ce qu’on mange», sourit-elle.

Plusieurs panneaux rappellent donc les bons gestes : ne pas souffler sur les insectes, ne pas les frapper ou encore éviter les mouvements brusques. Au Parc Merveilleux, des zones de nourrissage annexes ont été aménagées pour attirer les guêpes à distance des terrasses, sans leur nuire.

Et tous ces messages transmis aux enfants se veulent faciles à appliquer à la maison : tondre moins souvent, laisser pousser des plantes locales, installer un hôtel à insectes ou simplement éviter d’écraser les insectes. «Les pollinisateurs adorent les fleurs et les buissons locaux, pas les fleurs exotiques», souligne Nadine Wagner.

Car l’enjeu final est aussi de faire des enfants des relais auprès des adultes. Une fois sensibilisés, ils peuvent défendre ces petits espaces de nature dans leur propre jardin : «Papa, non, ne tonds pas tout le gazon, garde un petit coin pour les abeilles», illustre l’enseignante.

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