[Communales]
Esch : logement, sécurité, mobilité… que contiennent les programmes des candidats ?
Si à Esch, l’élection communale devrait se transformer en duel CSV-LSAP, tous les candidats espèrent intégrer la prochaine coalition pour tenter d’y imposer les mesures de leur programme. En cinq grands thèmes, voilà ce que chacun propose pour la ville.
Un logement abordable pour tous
S’il y a un sujet sur lequel tous les partis sont d’accord, c’est bien l’immobilier. Comme de nombreuses villes du Grand-Duché, Esch est en manque de logements abordables. «On est bien conscients qu’il y a un problème, assume Georges Mischo. On a réagi et acheté 321 logements abordables pour les années à venir.» En complément, le CSV prévoit, pour la prochaine mandature, de maintenir son engagement pour la construction de 500 logements sociaux. Le DP souhaite quant à lui un acteur principal pour s’occuper de la construction et de la gestion des bâtiments. «Il y a des choses qui traînent trop comme la rénovation de nos logements sociaux vides. Il faut soigner ce volet et avoir une structure qui puisse travailler convenablement.» Un constat porté également par déi Lénk et Line Wies, qui veulent que la commune dispose d’un nombre de logements d’urgence suffisant. «Nous souhaitons imposer une taxation sur les logements vides.»
La colocation et l’habitat intergénérationnel peuvent aussi être des solutions. Le LSAP veut favoriser ces formes de logement tout en accompagnant les propriétaires désireux de louer leurs biens. Steve Faltz souhaite ainsi leur proposer des baux emphytéotiques sur 30 ans. «Et si quelqu’un me dit, « moi, je veux rénover ma maison en vue de la louer », la Ville doit être une aide et non un frein.» Pour les verts, en plus des logements abordables, c’est aussi le logement étudiant qui doit être mis en avant. «On a beaucoup d’étudiants qui profitent à la ville et lui donnent un dynamisme», analyse Meris Sehovic.
Le Parti pirate plaide pour un mètre carré à 10 euros. «C’est difficile à faire, concède Sam Vagnarelli. Les communes, en collaboration avec l’État, doivent créer plus de logements pour contrôler les prix du marché.» Enfin, l’ADR souhaite encourager les nouvelles constructions, mais voit avant tout dans ce sujet un problème national.
Sécurité : de nombreux remèdes pour un même mal
C’est un mot qui revient très vite quand on demande aux candidats de dérouler leur programme. La sécurité fait partie des défis majeurs qui attendent le prochain conseil communal. Sujet clivant par excellence, il divise aussi à Esch où chaque parti en a sa propre perception. Pour la majorité actuelle, l’idée est d’accompagner le plan local de sécurité présenté en mars dernier. Le CSV, tout comme le DP, soutient l’idée d’une police municipale et veut mettre l’accent sur un éclairage plus performant.
Le parti assume également l’installation de caméras. «Mais je ne veux pas d’un système avec un centre (technique) à la commune où il y aurait une surveillance 24 h sur 24», nuance Georges Mischo. Le DP soutient lui aussi leur présence, mais en nombre limité. «On pourrait installer des caméras flexibles qu’on déplacerait d’un lieu à l’autre. Ça peut rendre la ville plus sûre», estime Pierre-Marc Knaff. Attendant les conclusions de l’étude d’impact de Visupol, déi gréng restent plus prudents sur le sujet. «Il ne faut pas se faire d’illusions. Ce qu’on voit dans les études, c’est que les cameras délocalisent le problème dans d’autres quartiers, si nos actions se limitent à ça, ce n’est pas assez», affirme Meris Sehovic. Les verts préconisent donc un urbanisme qui évite les zones d’angoisse, notamment par l’éclairage.
Dans l’opposition, le LSAP regrette que la décision d’installer des caméras ait été prise avant les résultats de l’étude d’impact. «On sait qu’à Luxembourg, les caméras n’ont fait que déplacer le problème», rappelle Steve Faltz qui souhaite avant tout augmenter le nombre de street workers et les envoyer plus souvent sur le terrain, un point sur lequel il est rejoint par Pierre-Marc Knaff. Les pirates mettent en garde contre la violation de la vie privée que peut représenter un tel dispositif de surveillance et militent pour plus de policiers dans les villes. À l’ADR, on se montre tout aussi prudent. «On ne dit pas non à leur présence sur les places principales, mais on n’est pas pour le tout-caméra à Esch.» Pour déi Lénk, le sujet n’est pas une priorité et le sentiment d’insécurité peut être combattu par l’éducation et la médiation tout en élargissant, là aussi, le service street workers. «Il faut également permettre aux gens d’avoir un travail.»
[Communales] Esch-sur-Alzette : CSV et LSAP à nouveau face-à-face