[En coulisses]

Comment sont formés les stewards et les hôtesses de l’air ?

Au-delà des destinations paradisiaques, la formation du métier de steward consiste avant tout à expliquer les nombreuses procédures qui encadrent la sécurité et la gestion des urgences à bord.

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Les élèves sont formés aux nombreuses procédures de sécurité et manipulations d’objets présents à bord. (Photos : fabrizio pizzolante)
Les élèves sont formés aux nombreuses procédures de sécurité et manipulations d’objets présents à bord. (Photos : fabrizio pizzolante)

«En cas d’urgence, les procédures doivent être aussi instinctives que le fait de respirer», pose Ysatis Blasutig, instructrice au sein de SkyWings. Cette entreprise est spécialisée dans la formation à la Cabin Crew Attestation (CCA), la certification européenne indispensable pour exercer le métier de steward et d’hôtesse de l’air.

Chaque année, l’organisme forme environ 700 futurs membres d’équipage dans six pays européens en leur apprenant les exigences réglementaires et les différents standards opérationnels du secteur aérien.

La sécurité avant tout

Contrairement à sa partie visible, ce métier ne se limite pas au service à bord : la priorité reste la sécurité des passagers. La formation dure un mois, trois semaines en présentiel et une à distance. Après une remise à niveau en anglais, l’apprentissage enseigne les procédures normales et d’urgence afin de gérer entre autres des incendies, des dépressurisations, des passagers agressifs et même des tentatives de détournement de l’appareil.

Les candidats passent des examens théoriques mais aussi pratiques, incluant notamment des exercices en piscine ou encore de manipulation d’objets présents à bord. Les élèves doivent par exemple manipuler une cagoule de protection antichaleur et antifumée, utilisée en cas d’incendie.

Ils apprennent aussi à utiliser les bouteilles d’oxygène, ces indispensables liés aux fameux masques à oxygène censés tomber automatiquement en cas de dépressurisation de l’appareil. Ces savoirs doivent ensuite être restitués en anglais lors du test final, en suivant des protocoles précis expliquant l’utilisation de chaque équipement.

Même si chaque situation est gérable, Ysatis demande aux élèves «de regarder la démonstration de sécurité».
Même si chaque situation est gérable, Ysatis demande aux élèves «de regarder la démonstration de sécurité».

SkyWings organise trois sessions par an, chacune limitée à quinze élèves. Les candidats sont sélectionnés sur dossier et sont soumis à un entretien afin d’évaluer leur motivation et leur aptitude à exercer leurs futures responsabilités.

Une motivation nécessaire pour respecter la notion de «fit to fly», c’est-à-dire l’importance de la condition physique et mentale. «Il faut avoir un bon repos, une bonne alimentation et être en forme», explique l’instructrice, soulignant les contraintes physiques du métier.

«Ce qui me convainc ici, c’est que les instructeurs ont de l’expérience», explique Sébastien Dawkins, l’un des élèves. Le programme repose effectivement sur l’expérience professionnelle des instructeurs. Le parcours de Ysatis Blasutig illustre cette approche. La jeune femme a travaillé pendant six ans comme hôtesse de l’air chez Air Belgium, accédant à terme au poste de chef de cabine, avant de se tourner vers la formation en 2025. Et des anecdotes, Ysatis en a un paquet, mais elle rassure, professionnelle, ceux qui pourraient se sentir concernés : «Tout ce qui se passe dans les airs reste dans les airs.»

Une discipline sans faille

L’instructrice reprend, plus sérieusement, que «dans l’aviation, il n’y a que des règles et elles doivent être suivies». Le respect des standards de présentation «qu’il s’agisse de l’uniforme, de la coiffure ou du maquillage» fait partie intégrante du métier et reflète la culture de rigueur du secteur.

Les qualités humaines sont également essentielles avec, comme indispensable, l’esprit d’équipe : «Si on ne sait pas travailler en équipe, c’est un point très problématique», insiste-t-elle.

Selon elle, la certification CCA constitue seulement une première étape : «C’est une bonne mise en route dans le monde de l’aviation, mais ce n’est que le début», sourit-elle. L’apprentissage se poursuit ensuite au sein des compagnies aériennes, où les procédures varient.

Des profils variés

La formation accueille des profils très divers. Sébastien Dawkins est d’ailleurs un élève en reconversion professionnelle. Ancien secrétaire militaire, puis agent de sécurité, il poursuit «un vieux rêve». Attiré par le côté international du métier, il souhaite «faire quelque chose qui mène souvent à l’étranger».

À l’inverse, Océane incarne un profil plus jeune, encore en phase d’orientation. Elle découvre la formation sur les réseaux sociaux et se lance, convaincue, dans ce qui pourrait être sa première expérience professionnelle.

Dès le début de la formation, plusieurs idées reçues sont déconstruites, la principale étant que les stewards et les hôtesses «ne sont pas seulement des serveurs de l’air», insiste Sébastien Dawkins. Océane partage ce constat : «Je me suis rendu compte que c’est un vrai métier dont je ne soupçonnais pas toutes les responsabilités».

Non, il n’y a pas que du voyage

Malgré les exigences, les élèves partagent une motivation commune : le désir de voyager. Le métier est perçu comme une opportunité de découvrir le monde et de sortir de la routine professionnelle.

Mais ceci s’accompagne aussi de contraintes importantes. Horaires irréguliers, fatigue, éloignement de la famille et changements fréquents de planning font partie du quotidien. L’instructrice se veut transparente à ce sujet : «Leur vie ne sera pas seulement faite de destinations paradisiaques.»

Si la formation suscite enthousiasme et motivation, elle suscite aussi de l’inquiétude. Même s’ils y sont préparés, Océane espère «ne jamais avoir à gérer un atterrissage forcé ou un incendie».

Sur le volet sécurité, l’instructrice insiste sur l’importance pour les passagers de «regarder la démonstration de sécurité». Elle comprend que les vacanciers aient envie de souffler dès leur montée à bord, mais elle rappelle que chaque avion est différent et que même elle ne connaît pas toutes les configurations.

La formatrice se montre néanmoins optimiste quant aux débouchés du secteur aérien. Selon elle, le métier n’est «pas du tout bouché» et elle trouve au contraire que le domaine «s’étend de plus en plus».

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