«C’est fascinant» : des ados construisent leur satellite lors d’une immersion à l’université
Pendant une semaine, dix-sept adolescents ont pu se glisser dans la peau d’ingénieurs spatiaux et construire leur propre satellite au cours d’un atelier d’été à l’université du Luxembourg.
Ils n’ont pas encore l’âge de travailler dans une agence spatiale, mais ils sont déjà en train de construire un satellite. Autour des tables, les adolescents découvrent les cartes électroniques, les capteurs et les contraintes qui accompagnent chaque mission spatiale. Pendant quelques jours, l’espace n’est plus une lointaine histoire de fusées aperçues à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Il s’incarne dans un objet que l’on peut toucher, démonter et assembler.
C’est bien là tout l’objectif de l’atelier en ingénierie spatiale que ces jeunes sont venus suivre : «L’idée est de leur offrir un aperçu de la vie des chercheurs et de faire naître des vocations», introduit Christophe Stammet, docteur en informatique et membre du Scienteens Lab. Il s’agit du tout premier laboratoire pédagogique pour les élèves du secondaire. Tout au long de l’année, ils peuvent venir à l’université pendant un jour et découvrir un thème scientifique au travers d’ateliers pratiques.
Pendant les vacances scolaires, ces journées de découverte se transforment en «Scienteens Academies». Elles durent une semaine et permettent d’aller encore plus loin. «C’est une opportunité intéressante pour les jeunes. Ils sont au plus proche des chercheurs et peuvent leur poser plein de questions», estime Christophe Stammet.
Et vous l’aurez compris, cette semaine, c’est mission satellite pour les dix-sept adolescents inscrits. «Le but est de leur montrer ce qui est possible dans la conception et la construction d’une mission dans l’espace», détaille le docteur en informatique.
Immersion dans un vrai laboratoire de recherche
L’atelier, c’était l’idée de la chercheuse en durabilité spatiale Niki Sajjad : «Pour mon doctorat, je travaillais tout le temps seule, alors j’ai eu envie de transmettre mon savoir à des jeunes. Les interactions humaines sont importantes pour moi», nous raconte-t-elle.
Pour ce faire, elle les accueille dans le laboratoire de son équipe, où «elle construit de vrais satellites», ajoute Christophe Stammet, non sans une pointe d’enthousiasme. L’un d’entre eux a d’ailleurs été envoyé dans l’espace en janvier 2025 pour une démonstration technologique.
Pour l’atelier, les satellites fonctionnels ont été remplacés par des structures et composants réalisés à l’imprimante 3D. Si elles sont simplifiées, les réalisations des adolescents n’en restent pas moins à l’échelle. Des petites machines d’à peine 20 centimètres de haut, composées de deux cubes de 10 cm de côté. «La première fois que je suis venu ici, j’ai été surpris de découvrir qu’un satellite pouvait être si petit», rigole le chercheur.
Mais avant d’en arriver au résultat final, il a bien fallu commencer par une introduction théorique : «L’ingénierie spatiale est multidisciplinaire, donc nous leur avons demandé ce qui les intéressait vraiment. Certains aiment dessiner, d’autres programmer…», explique Niki Sajjad. «On les a alors répartis dans quatre équipes différentes, chaque membre prenant un rôle suivant son intérêt. Nous leur avons demandé de simuler la trajectoire d’une mission et ils ont dû développer leurs idées», complète Christophe Stammet.
L’ingénierie spatiale, «c’est fascinant»
Après ces premières étapes de préparation, les adolescents ont vite dû mettre la main à la pâte. Simulation sur ordinateur, bricolage avec les éléments, design 3D… L’objectif? Découvrir si leurs idées étaient réalisables… Ou non. Lorsque nous leur rendons visite, les petits ingénieurs d’un jour sont concentrés sur leurs modèles, déjà bien avancés pour certains.
«Ça fonctionne!», entend-on dans un coin de la salle. En nous approchant d’eux, nous trouvons Alexandra en train de filmer leur réussite. Lorsque son camarade Ranyun bouge le module qu’ils ont fabriqué, les mouvements sont retranscrits en direct sur l’ordinateur de leur coéquipière Océane. «C’est un capteur qui piste comment le satellite bouge et tourne sur lui-même», nous expliquent-ils.
Leur petite équipe illustre bien la pluridisciplinarité de la recherche spatiale. Si Alexandra est venue car l’espace l’intéresse et qu’elle veut découvrir ce qu’elle aimerait faire, ses deux coéquipiers, eux, ont déjà des idées bien précises en tête : «Je m’intéresse à l’informatique, aux mathématiques et à la physique. Mais peut-être que je pourrais aussi faire quelque chose dans l’ingénierie dans le futur», nous dit Ranyun. Pour Océane, la question de l’espace se pose vraiment : «Je suis intéressée par le génie mécanique et spatial, et maintenant j’hésite entre aller vers des choses liées à l’espace, comme les satellites, ou vers la mécanique des fluides.»
Derrière eux, Marc est concentré sur ses lignes de code. «Ce n’est pas la première fois que j’en fais, mais c’est la première fois que j’essaye d’être bon», sourit l’adolescent. Lui aussi veut étudier l’informatique et est venu pour découvrir l’ingénierie spatiale. «C’est intéressant de voir tous les détails qu’une si petite machine contient et à quel point c’est complexe… C’est fascinant!»