«Ce n’est pas juste jouer» : le POP Gaming Festival veut élargir les horizons
Le POP Gaming Festival a réuni ce week-end à Luxexpo joueurs, familles, cosplayers, artistes et curieux. Pour sa première édition à cette échelle, le rendez-vous entendait dépasser la seule compétition pour célébrer plus largement la culture geek.
Dans la pénombre de Luxexpo, les lumières colorées attirent le regard d’un espace à l’autre. Ici, un écran diffuse une partie d’e-sport tandis que des commentateurs accompagnent les joueurs au micro. Quelques mètres plus loin, un visiteur, casque vissé sur la tête, s’installe dans un imposant simulateur de réalité virtuelle. Plus loin encore, des cosplayers se succèdent sur scène et des joueurs s’affrontent autour de consoles.
Pendant tout le week-end, le POP Gaming Festival a investi les halls de Luxexpo pour une première édition à cette échelle. Né autour des POP Esports Masters, le rendez-vous organisé avec Post Luxembourg a voulu dépasser le seul cadre de la compétition pour embrasser l’ensemble de la culture geek. «Le gaming, ce n’est pas juste le fait de jouer ou de jouer compétitivement, c’est aussi toute la culture geek qui est autour», résume Daniel Schmit, le gérant de Rift, prestataire de Post pour le festival.
Du gaming, mais pas seulement
L’ambiance est volontairement immersive. Dans une atmosphère noire et tamisée, les stands et les espaces de jeu sont éclairés de néons et de lumières multicolores. Une allée est consacrée aux artistes, entre illustrations et créations inspirées de la culture vidéoludique. À quelques pas, les costumes prennent le relais dans l’espace cosplay, où des participants présentent leurs créations à l’occasion de concours.
Le public peut aussi se perdre dans les boutiques consacrées à la culture geek, avant de faire une pause autour de spécialités et de confiseries asiatiques. Dans l’espace «freeplay», les visiteurs prennent directement les manettes.
Le simulateur de réalité virtuelle (VR), installé sur le stand central tenu par Post, a attiré les visiteurs en nombre durant le week-end, avec des files d’attente qui se sont formées devant les installations. «C’est vraiment quelque chose que tu ne vas pas mettre dans ton salon», rigole Daniel, qui voit dans ces expériences l’un des intérêts du festival.
Parmi les visiteurs, Axel attend son tour avec curiosité. Il est venu pour essayer une expérience différente de celles qu’il connaît chez lui. «Je suis surtout venu pour tester la réalité virtuelle. J’en ai déjà utilisé chez moi, mais là, avec le simulateur qui bouge, c’est complètement différent. On a vraiment l’impression d’être à l’intérieur du jeu.»
Des finales au milieu du public
Au centre du festival, la compétition reste pourtant bien présente. Les POP Esports Masters, dont les qualifications ont eu lieu en amont, ont trouvé leur aboutissement sur scène devant les visiteurs. Joueurs, écrans géants et commentateurs donnent au tournoi des airs de spectacle.
Le passage d’un événement principalement tourné vers l’e-sport à un festival plus large constitue la principale évolution de cette édition. L’organisation avait déjà testé le concept lors des finales de l’année précédente, avec des stands permettant au public de jouer pendant les compétitions. Une journée avait alors attiré environ 2 000 personnes. Cette fois, le rendez-vous a changé de dimension, avec quelque 3 000 m² et environ 80 exposants.
Les premiers chiffres communiqués par l’organisation font état d’environ 2 000 visiteurs dès la première journée. Le public semble également s’être diversifié. Aux habitués des compétitions et à leurs accompagnateurs se sont ajoutés davantage de familles et de visiteurs venus de la Grande Région.
Julien et Aurélie, venus avec leurs deux fils «sans forcément savoir à quoi s’attendre», découvrent justement les différents espaces. «Ils jouent un peu aux jeux vidéo, mais nous, beaucoup moins. Finalement, il y a plein de choses à faire sans forcément jouer… On peut facilement passer plusieurs heures ici en famille.»
Une culture qui cherche encore sa place
Au Luxembourg, le secteur reste en construction. Des formations existent désormais et de nouveaux studios apparaissent progressivement.
Pour Daniel, le jeu vidéo constitue aujourd’hui une culture à part entière, mais cette reconnaissance reste incomplète au Luxembourg. Il regrette que le jeu vidéo soit encore peu considéré comme une forme d’art ou de culture, alors que le secteur représente un marché international majeur.
«C’est vraiment devenu une passion de beaucoup de gens de jouer, mais aussi de vivre cette culture», estime Daniel. Pour les passionnés, l’intérêt d’un tel festival est aussi de se retrouver en communauté.
Julie observe les compétitions depuis les abords de la scène avant de parcourir les autres espaces. «Ce que j’aime, c’est surtout l’ambiance», nous confie-t-elle. D’habitude, la joueuse d’une vingtaine d’années joue chez elle, devant son écran. «Ici, tu retrouves des gens qui aiment les mêmes jeux, tu peux regarder les compétitions et discuter avec d’autres passionnés.»
Grandir, mais sans perdre le public
Pour l’organisation, le premier bilan est positif. L’ambition n’est toutefois pas de multiplier les mètres carrés à tout prix. La prochaine étape consisterait plutôt à enrichir progressivement la programmation, avec notamment davantage de jeux rétro et d’expériences que les visiteurs ne peuvent pas reproduire chez eux.
Car c’est peut-être là que se trouve le pari du POP Gaming Festival : faire du jeu vidéo autre chose qu’une compétition entre joueurs. À Luxexpo, pendant deux jours, il est devenu spectacle, création artistique, costume, commerce, nourriture, rencontre et expérience immersive.