À quoi va servir le pont sur l’A3 mis en place ce week-end ?
C’est un mastodonte qui sera déplacé la nuit prochaine au-dessus de l’A3. Le pont des CFL va enfin prendre sa place initiale, après deux années de construction.
Vous l’avez vu prendre forme, grandir, ces deux dernières années le long de l’A3, dans le sud de Luxembourg. Petit à petit, l’arche a pris du galon, s’est renforcée et s’est même hissée sur toute sa hauteur, attendant patiemment son heure de gloire.
Après deux années de construction, rythmées par la crise sanitaire, le pont ferroviaire des CFL, qui doit enjamber l’autoroute la plus fréquentée du pays, voit enfin son heure arriver. Celle-ci aura lieu la nuit prochaine, à 1 h très précisément, et devrait prendre une heure et demie. Un «ripage» exceptionnel pour ce pont géant, qui s’impose déjà, avant même sa pose définitive, comme l’un des plus grands ponts ferroviaires de type «bow string» en Europe.
Comment déplacer un tel mastodonte et le faire enjamber une autoroute à six voies ? Si les CFL ne veulent rien dévoiler en amont, préférant garder la surprise et pour des «raisons de sécurité» évidentes, on sait toutefois que l’OA 14, de son nom technique, sera transporté à l’aide d’une trentaine de «Kamags», ces véhicules spéciaux modulaires souvent utilisés pour le transport de fusées, entre autres. Il sera soulevé d’environ cinq mètres et poussé à travers l’autoroute jusqu’à son emplacement définitif.
À quoi va-t-il servir ?
Si cette étape (sans doute spectaculaire) est l’une des plus importantes du projet, il faudra ensuite faire de cet ensemble un véritable pont ferroviaire. Des travaux qui se poursuivront donc dans le courant de l’année 2023, pour permettre la création de deux voies de circulation. Rails, alimentation électrique… viendront ainsi alourdir encore un peu la passerelle, qui pèse déjà actuellement plus de 5 500 tonnes.
Concrètement, ce nouveau pont fait partie du tronçon que les CFL construisent actuellement entre la gare de Bettembourg et Luxembourg. Une nouvelle ligne directe, sans arrêt intermédiaire, qui prévoit donc la construction de deux voies supplémentaires sur 7 kilomètres, pour gagner en capacité sur un tronçon largement surexploité par le trafic voyageurs et frets à l’heure actuelle. Il sera principalement utilisé par les trains en provenance et à destination de la France, TER comme TGV.
Il faudra toutefois encore attendre un peu avant qu’un train ne passe sur ce pont : la mise en service de la ligne n’est en effet pas prévue avant au moins 2028, la finalisation des raccordements ne se faisant qu’à l’automne 2026, selon les dernières prévisions des CFL.
Retrouvez en images, le «ripage» de ce pont, ce week-end sur notre site internet.