Violences sur des policiers à Woippy : « J’ai cru que c’était une bande rivale »

Le 14 mai 2025 à Woippy, l’interpellation par la brigade anticriminalité d’un individu en cavale a tourné au vinaigre en raison de l’intervention des membres de sa famille dont son frère. Ce dernier comparaissait dernièrement devant le tribunal judiciaire de Metz pour menace de mort, outrage et violence.

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Palais de justice de Metz. Le prévenu comparaissait pour des faits commis à Woippy le 14 mai dernier.
Palais de justice de Metz. Le prévenu comparaissait pour des faits commis à Woippy le 14 mai dernier.

« Mon avocat m’a fait faux bond mais, parole d’homme, j’avais dit que je serai là. Je suis là ! » T-shirt noir délavé, bas de survêtement informe et basket, le prévenu, 45 ans, porte le masque. « Je suis malade », déclare-t-il tout en espérant voir son affaire être une nouvelle fois renvoyée. Mais voilà, la thèse de l’absence de dernière minute du conseil ne convainc pas le tribunal. « Ah bon, je suis jugé sans avocat ? Autant dire que je suis déjà condamné ! » « On va d’abord évoquer les faits », lui rétorque le président lors de l’audience au tribunal judiciaire de Metz. « Je ne vais pas vous mentir, je ne vais rien reconnaître… ».

Un frère en cavale

Rien reconnaître des faits survenus à Woippy, rue de Ryneck, le 14 mai 2025. En tournée, une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) identifie, dans un jardin, un individu faisant l’objet d’un mandat de recherche. Ils décident de l’appréhender et pénètrent sur le terrain. L’individu tente de prendre la fuite. En vain. Puis, tout bascule. Le prévenu vient prêter main-forte à son petit frère. « J’étais à l’intérieur, en train de me faire couper les cheveux, quand j’ai vu trois ou quatre gars courir derrière mon frère qui, c’est vrai, est en cavale. Mais ils n’avaient pas les brassards “Police”, alors j’ai cru que c’était une bande rivale. »

Trapu, adepte de boxe anglaise, le mis en cause aux phalanges tatouées se vante d’être « connu pour la castagne ». Lui et d’autres membres de sa famille tentent d’empêcher l’interpellation. « Je les ai bloqués, mais je ne les ai pas tapés, fanfaronne-t-il. Si je les avais touchés, je les aurai envoyés à l’hôpital. » Se sentant en danger, les agents de la BAC appellent des renforts. Au total, 35 policiers et gendarmes rappliquent fissa. Neuf se porteront partie civile pour « menace de mort », « outrage » et/ou « violence » à l’encontre d’un dépositaire de l’autorité publique. Deux se verront respectivement délivrer un et deux jours d’ITT (incapacité totale de travail).

« Ils pensaient quoi ? Qu’ils allaient jouer les racailles et mettre des claques à tout le monde », lâche le prévenu accusant certains fonctionnaires d’avoir eu la main légère sur l’un ou l’autre membre de la famille. Le mis en cause est accusé d’avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un policier. Pour le maîtriser, les agents ont dû faire usage du pistolet à impulsion électrique.

Agent de sécurité au Luxembourg

« Si les policiers avaient sonné poliment à votre porte, intervient une assesseure, que se serait-il passé ? » « On n’est pas des sauvages, dit-il, on a du respect pour les gens. » Sauf pour les représentants de l’ordre. « Je ne fréquente pas des gens comme ça, mais des hommes d’honneur. » Son casier judiciaire compte 14 condamnations. Cette fois, celui qui exerce comme « agent de sécurité au Luxembourg » écope de 12 mois de prison ferme. Le tribunal laisse toutefois au juge d’application des peines le soin de procéder à l’aménagement de celle-ci. Jean Koster* doit aussi verser, au total, 8 200 euros aux parties civiles.

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