Villerupt : L’Arche veut repenser son rôle culturel pour mieux s’ancrer dans la vie locale

À l’occasion du lancement de sa saison culturelle, L’Arche, à Villerupt, propose trois jours d’animations du 19 au 21 septembre entre cinéma, concerts et spectacles familiaux.

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Frédéric Simon, directeur de L’Arche, et Marie Muschert, responsable communication, peaufinent la programmation de la saison culturelle 2025.
Frédéric Simon, directeur de L’Arche, et Marie Muschert, responsable communication, peaufinent la programmation de la saison culturelle 2025.

C’est un imposant édifice qui se dresse dans la périphérie de Villerupt. Un monstre de béton percé d’une large verrière, dédié au service de l’art. L’Arche contient une salle de spectacle pouvant accueillir plus de 1 100 personnes, un cinéma de 150 sièges, une galerie d’arts numériques, des studios d’enregistrement et d’autres commodités éparpillées parmi les couloirs de ciment. La construction relève du style «du brutalisme», présente Frédéric Simon, le directeur de la structure depuis le printemps 2025.

Du vendredi 19 au dimanche 21 septembre, le complexe fête l’ouverture de sa saison culturelle. «Vendredi 19, nous projetterons le film Playtime de Jacques Tati», détaille le directeur. «Ce sera l’occasion de débattre sur l’architecture et sur la manière dont on vit ensemble dans les habitats urbains». Le lendemain, des stands seront mis à disposition des associations pour «qu’elles promeuvent leurs activités». Un barbecue ainsi que des concerts en plein air seront également proposés. Enfin, une journée familiale clôturera les festivités, avec spectacles, marionnettes et marché des créateurs.

S’adapter à la sociologie locale

Si Frédéric Simon souhaite mettre l’accent sur l’aspect social de ces retrouvailles, c’est qu’il regrette que la construction de L’Arche ait été déconnectée des réalités du territoire. «On s’est rendu compte, après coup, qu’une salle de musique n’est pas ce qui manque le plus dans le secteur, et depuis quatre ans, on constate que la maison peine à trouver son régime de croisière. On peut faire de beaux spectacles comme avec Magma ou Lofofora, mais on touche souvent des gens qui viennent de l’extérieur. Il n’y a pas eu d’éveil local», déplore le directeur.

«On essaie donc de redéfinir les lieux. On se rend compte qu’ils pourraient être mis au service des arts numériques, par exemple. On pourrait également s’appuyer sur les communautés italiennes et portugaises pour construire de nouvelles pratiques culturelles, sans s’adresser à des niches de populations et de générations, et ainsi retrouver une vie sociale, faire en sorte que tout le monde se croise.»

«Reprendre le flambeau de l’éducation populaire»

«Bientôt, il y aura 2 000 logements à côté de chez nous.» Frédéric Simon observe les constructions qui grandissent à Micheville, sur les parcelles de terre jouxtant L’Arche. «L’idée serait de faire en sorte que les familles qui viennent y vivre profitent de cet espace.»

Comme souvent dans le secteur, ces habitations attireront des jeunes couples qui travaillent au Luxembourg, dont certains auront des enfants. «Il nous faut un diagnostic sur les pratiques culturelles des plus jeunes pour savoir quel type d’art mettre en place à L’Arche», analyse Frédéric Simon. «C’est l’occasion de réfléchir à ce que pourrait être un plan territorial culturel. Il faut qu’on propose une réponse pour la jeunesse ici. Il faut reprendre le flambeau de l‘éducation populaire avec les MJC et les établissements scolaires. Il faut redonner l’envie de partager avec ses congénères.»

Tom Soriano (Le Républicain Lorrain)

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