Ultimes tests à l’usine de recyclage de ballons d’eau chaude
Eska, filiale de Derichebourg Environnement, porte un projet d’envergure, à Cheminot près de Metz, dans le cadre de la filière nationale de traitement des ballons d’eau chaude usagés, un secteur en plein essor.
Il ne manquait plus que l’autorisation préfectorale pour consacrer ce projet d’envergure. C’est chose faite, et, précieux sésame en poche, l’usine de recyclage de ballons d’eau chaude de Cheminot effectue désormais ses premiers galops d’essai. «Nous réalisons actuellement les dernières améliorations techniques sur la ligne, qui est toute neuve et qu’il faut ajuster», rapporte Julien Goumghar, responsable du site.
Une phase de rodage nécessaire avant que, d’ici «quelques semaines», mi-novembre au plus tard, l’usine ne tourne à plein. Elle accueillera des ballons d’eau chaude (BEC) ainsi que d’autres équipements de gros électroménager délivrant du froid, en fin de vie, provenant d’une «zone de chalandise qui couvre tout le quart nord-est du pays». «Nous avons deux flux : les gestionnaires de déchets et les centres de regroupement et de traitement des déchets type Envie ou Paprec», explique Julien Goumghar. L’alimentation du site se fera par voie routière. «On estime le gisement à 10 000-12 000 tonnes par an, mais l’usine sera en capacité d’en traiter jusqu’à 25 000», détaille Julien Goumghar, la capacité de traitement de la ligne étant de 120 tonnes par jour.
L’équivalent d’un vol Paris-New York
En France, 100 000 tonnes de ballons d’eau chaude sont mises sur le marché chaque année. Or ces chauffe-eau contiennent des gaz fluorés nocifs pour la couche d’ozone. Lorsqu’ils sont mis au rebut, l’une des problématiques porte sur l’empreinte carbone de ces gaz. Pour un seul ballon d’eau chaude, cela peut représenter jusqu’à l’équivalent des émissions de carbone d’un vol aller-retour Paris-New-York.
Face à ce défi, en 2022, l’éco-organisme Ecosystem a lancé un appel à projets visant à créer une filière de dépollution et de traitement des ballons d’eau chaude (BEC) sur le territoire français et le groupe Derichebourg Environnement s’est positionné pour structurer cette filière. Trois usines ont déjà vu le jour : dans la Vienne, les Hauts-de-France et en région parisienne. Cette dernière plateforme, située à Bonneuil-sur-Marne, est l’une des quatre unités françaises qu’entend développer le groupe Derichebourg Environnement.
C’est l’une de ses filiales, Eska, qui est à la manœuvre à Cheminot. Quinze millions d’euros ont été investis pour construire l’usine, sur une parcelle de l’entreprise Derichebourg jusqu’alors non exploitée, mitoyenne d’un site industriel actuellement en fonctionnement.
Le bâtiment s’étend sur 3 200 m² et comporte une ligne de traitement spécifique, capable de capter les gaz fluorés contenus dans les mousses des BEC, tout en valorisant les matériaux (métaux, plastiques, mousse polyuréthane expansée). Pour faire tourner l’usine, «nous avons déjà embauché cinq personnes en CDI ainsi que deux intérimaires», rapporte le responsable du site.