Transformer l’essai de l’emploi, en cassant «les codes de l’entretien ordinaire»
France Travail a organisé la deuxième édition de son dispositif «stade vers l’emploi spécial rugby», ce jeudi 24 septembre. Sur les terrains du RC Metz, une cinquantaine de candidats et huit responsables d’entreprises ont participé à des ateliers.
C’est ce qu’on appelle un événement gagnant-gagnant. Ce jeudi 24 septembre, France Travail organisait la deuxième édition de son dispositif «stade vers l’emploi spécial rugby». Le concept est assez simple : une cinquantaine de demandeurs d’emploi participent à des ateliers autour du rugby avec plusieurs responsables d’entreprises à la recherche de salariés. Mais personne ne sait qui est qui, une simple feuille avec son prénom noté est donnée à chaque participant.
Parcours du combattant, de confiance avec les yeux bandés ou ateliers passes étaient organisés par le Rugby Club de Metz. Cohésion, entraide, inclusion, convivialité, mixité : autant de mots pour définir cet événement ludique qui permet aux employeurs d’en apprendre un peu plus sur le caractère des candidats.
Après une heure et demie d’ateliers sportifs et une petite collation, les masques tombent. Les représentants de huit entreprises sortent du groupe pour annoncer leur venue. Chaussea, Shiva, Malézieux ou encore Car Avenue sont présents. «Il y a un côté convivial qu’on ne peut pas retrouver dans un entretien classique», assure Franco Cuglietta, responsable de la cellule recrutement de Car Avenue. «On démystifie le rapport entre le chercheur d’emploi et l’employeur.»
Mais entre deux personnes qui se passent la balle ou tirent sur une corde, comment reconnaître celle qui est la plus apte à travailler pour son entreprise? «On reconnaît rapidement ceux qui vont vers l’autre, qui montre de l’engagement, de la détermination», énumère Franco Cuglietta. Du côté de Séverine Kieffer et Eugénie Gonzalez, respectivement directrice et responsable RH de Shiva (service d’aide à la personne), on cherche d’autres qualités. «On mise avant tout sur le savoir-être et sur un état d’esprit. On peut apprendre beaucoup de choses à la gestuelle de chacun, parfois plus qu’en posant des questions», estime Eugénie Gonzalez.
Un retour à l’emploi facilité
Selon les chiffres de France Travail, 30 % des candidats retrouvent un emploi à la suite d’une inscription classique. Ce pourcentage grimpe à plus de 50 % pour les candidats du «stade vers l’emploi», suivant les six mois de l’événement. «Le but est de casser les codes de l’entretien ordinaire», indique Sandra Werdenberg, responsable du service entreprise à l’agence France Travail de Metz Bliiida. «Les valeurs du sport sont transférables dans le monde du travail et c’est ce qu’on veut véhiculer.»
Pour cette dernière, l’objectif n’est pas d’obtenir immédiatement une offre d’emploi, mais plutôt de prendre des contacts et surtout de rétablir une confiance et une estime de soi, qui peuvent être dégradées au fur et à mesure d’entretiens infructueux. «C’est une superbe initiative et ça fait du bien de se retrouver avec des personnes comme nous», glisse Frédérique, à la recherche d’un emploi dans la petite enfance.
Pour le club de rugby, cette initiative permet de se faire connaître et d’avoir une première approche de ce sport qui peut paraître compliqué. Un dispositif qui est donc bénéfique pour tous.
Simon Guerin (Le Républicain lorrain)