Qui se cache derrière ces phrases peintes sur les murs de la Lorraine Nord ?
Depuis plusieurs mois, de courtes phrases apparaissent sur les murs des communes de Lorraine Nord, attirant les regards et suscitant des centaines de réactions sur les réseaux sociaux.
«Un jour après l’autre.» Cette inscription est apparue récemment sur l’un des murs d’entrée de la ville, à Fontoy. Les réseaux sociaux s’affolent et même la page Facebook officielle de la Ville lui a consacré deux publications. «Je reçois des messages toute la journée, admet Romain, un Briotin artiste et auteur du tag. C’est hypergratifiant pour moi.»
Pourtant, il n’en est pas à son coup d’essai. Depuis quelques mois, ces tags apparaissent un peu partout dans le nord mosellan : «Tu vas t’en sortir», «La vie est belle», «Tu vas guérir»… Courtes, sobres et sans signature, ces phrases intriguent autant qu’elles réconfortent ceux qui les croisent.
Le message peint à Fontoy est le 40e de la série. Ce que peu de personnes savent, c’est que Romain peint des phrases similaires sur des toiles depuis près de cinq ans. «Au début, je les ai écrites parce qu’il y avait des choses que je ne pouvais pas dire à certaines personnes, confie-t-il. On ne peut plus communiquer et j’avais envie de me dépasser dans un sens et de leur écrire.»
Faire du bien aux autres
C’est après une discussion avec une amie qu’il décide de faire sortir ces messages du cadre des toiles pour les inscrire sur les murs. «Elle passait un moment difficile et j’ai eu envie de lui écrire quelque chose de réconfortant sur le garage pour qu’elle le voie en allant au travail. Je me suis dit que ça pouvait lui faire quelque chose.» Depuis, il poursuit sa démarche, qui s’ancre aussi dans son histoire personnelle.
Pendant deux ans, Romain a suivi une thérapie qui, dit-il, a changé profondément sa manière de voir les autres. À travers un travail sur son arbre généalogique, il a pris conscience que chacun porte une part invisible de son vécu faite de blessures, de deuils ou de difficultés dont on ne parle pas.
«Souvent, on voit la vitrine, on voit parfois le magasin, mais on ne voit jamais l’arrière-boutique», illustre-t-il. C’est précisément à cette «arrière-boutique», cette part cachée que chacun porte en soi, qu’il souhaite désormais s’adresser à travers quelques mots peints sur un mur. «J’ai pris conscience que ça pouvait faire du bien aux gens. Chacun y projette sa propre histoire. Ils ne vont pas forcément dire pourquoi ça leur fait du bien, c’est la partie invisible», conclut-il.