Près de 145 nationalités à l’université de Lorraine!
Beaucoup ne connaissaient pas Metz il y a encore trois semaines. Beaucoup ont eu un coup de cœur pour la ville. Qui sont les étudiantes et étudiants internationaux de l’université de Lorraine?
De manière inédite, ils arrivent à prononcer «Metz» sans accroc. Pourtant, leur langue natale est souvent l’espagnol, l’anglais ou encore l’arabe. Mais «Messsse», y étudier, c’est l’adopter! Fin septembre, la municipalité accueillait les ressortissants étrangers lors d’un «french apéro». L’occasion de faire le point dans une ambiance sympa.
L’université de Lorraine (UL), c’est le village olympique : 145 nationalités différentes! Isabel Keller, directrice adjointe des relations internationales, dévoile les chiffres suivants : «15 % de nos 68 000 étudiants sont étrangers. Parmi eux, deux tiers sont hors UE. En tout, nous accueillons 1 700 nouveaux arrivants chaque année. Ils et elles vont majoritairement à Nancy et Metz, mais aussi sur les autres sites de l’UL, comme Épinal ou Longwy.» Inversement, chaque année, 1 600 étudiants de l’UL partent à l’étranger. «Nous sommes la deuxième université de France au niveau des sortants, grâce au dynamisme de nos programmes Erasmus.»
Comment les étudiants étrangers arrivent à Metz?
Isabel Keller détaille : «Dans les deux tiers des cas, ils viennent par mobilité individuelle.» Un parcours du combattant, tant pour les équivalences de diplômes que par le coût financier élevé. Celles et ceux qui arrivent via «un accord d’échange» bénéficient d’une voie plus encadrée, notamment pour le logement. Certains programmes sont typiquement lorrains, tel le cursus franco-allemand de l’Isfates (management et ingénierie). D’autres sont nationaux, tel le programme Campus France. Les étudiants que nous avons interrogés restent entre un et trois ans : ils viennent souvent à Metz pour poursuivre des études à partir de la 3e année, en recherchant des spécificités locales dans les formations.
Nous discutons avec Meriem et Riadh, arrivés depuis vingt jours en provenance d’Algérie. Ils évoluent dans des filières scientifiques. «Nous ne connaissions pas la Lorraine. Mais la ville de Metz est belle, avec des lacs [NDLR : au Technopole], des églises et de beaux bâtiments… et la Moselle partout.»
Nous rencontrons également deux amies, Serena (Bénin) et Yannick (Madagascar). «Je suis venue via le dispositif Campus France, explique cette dernière, en info-com. J’avais le choix entre Metz et Lyon. Je me disais que Metz serait plus à taille humaine, et je ne suis pas déçue!» Citons encore Kenza, venue de Rabat, étudier en génie civil. «Je suis là pour un an. Metz est une ville incroyablement verte. Quand je fais mon footing, au Saulcy, je ne peux pas m’empêcher de filmer pour envoyer des vidéos à ma famille.»
À une époque de polarisation des relations internationales et de posture en chiens de faïence (notamment entre la France et l’Algérie), ces étudiants ne sont-ils pas autant de promesses? Marc Sciamanna, professeur et élu à la ville de Metz, ne disait pas autre chose : «Je venais de Belgique, avec des ascendants italiens. Quand je suis arrivé à Metz, j’ai ressenti une passion. J’y voyais un plaisir de vivre à l’italienne.» Va pour la dolce vita, Metz peut être le théâtre de tous les rêves.