Pays-Haut : Déçue de l’Éducation nationale, elle devient nanny au Luxembourg

Bettina Forment, qui habite Joudreville, avait l’impression de prêcher dans le désert, devant ses collégiens de Tucquegnieux. À 51 ans, cette professeure de français entame une nouvelle carrière comme gouvernante au Luxembourg.

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Bettina Forment, gouvernante au Luxembourg, retrouve son domicile de Joudreville les week-ends.
Bettina Forment, gouvernante au Luxembourg, retrouve son domicile de Joudreville les week-ends.

Bettina a passé presque 30 ans au sein de l’Éducation nationale, jusqu’au jour où elle n’a plus trouvé l’envie de se déplacer devant ses élèves du collège de Tucquegnieux. «Même si le changement avait commencé à opérer avant. Depuis le Covid, j’étais confrontée à des enfants qui n’étaient plus motivés, plus curieux de rien. Leur élan vital a été cassé. Les voir si apathiques, détruits par les écrans, m’a fait trop de mal.»

À 51 ans, l’enseignante passionnée de neurosciences décide de se mettre en disponibilité. «Si mes nouveaux projets ne fonctionnent pas, je pourrai toujours m’inscrire pour participer au mouvement (NDLR : mutation des enseignants), je ne suis pas radiée!»

Un peu par hasard, cette habitante de Joudreville va découvrir le métier de nanny : «Au début, j’ai donné des cours particuliers au Luxembourg, de fil en aiguille, je me suis retrouvée sur le site de l’agence Privilèges services (NDLR : qui propose des postes d’employés de maison : chauffeurs, tuteurs, maître d’hôtel, etc.).

«Prendre un tricot et se désintéresser du bébé»

Bettina a un profil un peu atypique puisqu’elle n’a aucune expérience dans le domaine – «ni même un CAP petite enfance ou le Bafa» –, mais son profil va être retenu et présenté à une famille. Après une formation interne par l’agence, en juillet dernier, elle arrive à son nouveau domicile. Car la demande de ce couple de quadragénaires est claire : elle devra se montrer disponible toute la semaine, en live-in, c’est-à-dire en vivant chez eux.

Son rôle : s’occuper d’un bébé, qui a alors deux mois, en complément de la maman. «Il a fallu trouver ma place, car au début, la maman avait du mal à être séparée, ne serait-ce que quelques instants, du petit.» Bettina explique que dans ces moments, elle «n’est pas là pour prendre un tricot et se désintéresser du bébé». Elle observe le développement du petit, et apporte ses connaissances sur chaque étape, au besoin.

Et quand vient le week-end, elle retrouve sa maison et ses deux grands enfants, de 21 et 19 ans. « Je ne peux plus gérer la maison à leur place… Mais, quand j’y pense, au même âge, j’étais déjà devant mes classes!» Elle habitait déjà dans un logement séparé de celui de son conjoint : «Il m’a soutenue dans ma démarche, car, malgré tout, c’est une décision qui doit se prendre en famille.» Aujourd’hui, Bettina se dit «enchantée» de cette expérience : «Mes amis me disent que c’est presque trop beau pour être vrai. Et pourtant!»

Ma. K. (Le Républicain lorrain)

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