Où est le rapport promis après la fusillade de Villerupt ?

En juin 2023, le ministère français de l’Intérieur promettait une étude de sécurité aux élus. Elle reste pour l’heure confidentielle.

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Les annonces du ministère de l’Intérieur, dont celle d’une mission sur la sécurité dans le Pays-Haut, avaient été faites trois semaines après la fusillade de Villerupt.
Les annonces du ministère de l’Intérieur, dont celle d’une mission sur la sécurité dans le Pays-Haut, avaient été faites trois semaines après la fusillade de Villerupt.

Le rapport sur la sécurité commandé par le ministère de l’Intérieur est-il condamné aux oubliettes? L’espoir d’en lire les conclusions s’éloigne pour les policiers syndicalistes et élus du secteur Longwy-Villerupt…

Le 5 juin 2023, après la fusillade de Villerupt, une délégation était reçue place Beauvau. Le cabinet de Gérald Darmanin avait pris trois engagements, dont cette enquête de quatre mois confiée aux Inspections générales de l’administration, de la gendarmerie et de la police nationale.

L’audit devait notamment amener des pistes face au problème chronique de sous-effectif policier dans le Pays-Haut. «Une nouvelle réunion sous le même format sera réalisée une fois les conclusions de la mission connues pour faire le point sur les engagements pris et partager son contenu», promettait le ministère.

Depuis cet été, la rumeur court que ce contenu restera confidentiel. Le nouveau préfet de Meurthe-et-Moselle n’y serait pour rien. Mais son cabinet l’a confirmé ce mardi : «Rédigé à destination du ministre pour éclairer ses choix, (cet audit) n’a pas vocation à être rendu public».

Secrétaire départemental d’Alliance police nationale, Cyril Baudesson le savait déjà. «Avant de partir, l’ex-préfète, Madame Souliman, nous avait dit qu’il ne serait jamais transmis aux instances syndicales ni aux élus.»

De ce qu’en sait son homologue du syndicat Un1té David Didier, «le rapport recense trois possibilités : le basculement du secteur en zone gendarmerie, le renfort des effectifs de police ou la conservation de la situation en l’état. Mais le ministère n’a rendu aucun arbitrage».

Toujours un manque d’effectifs

Françoise Souliman aurait aussi livré une autre information, lors du conseil social d’administration de juin : «La gendarmerie n’a pas les effectifs pour absorber la circonscription», rapporte Cyril Baudesson.

«La préfète nous a indiqué qu’il n’y aurait pas de décision avant 2027. Et si application, ça ne serait pas avant 2030». Le maire de Villerupt ne décolère pas face à ce «point de crispation», ce voile jeté sur les conclusions. Pierrick Spizak nourrit l’impression d’avoir été floué.

«Le 15 décembre 2023, nous avons signé un contrat de sécurité intégré. Chaque mois, une réunion faisait le point sur nos avancées. Nous avons investi 300 000 euros dans la vidéoprotection. De son côté, l’État n’a pas respecté ses engagements.»

Selon le représentant d’Un1té, le but de la non-divulgation «était peut-être de ne pas raviver les inquiétudes des collègues, élus et habitants.» Aux yeux de son collègue d’Alliance, «c’est purement politique et lié à l’instabilité actuelle. Tout est renvoyé au ministre d’après, au gouvernement d’après…

Nous arrivons sur des enjeux importants, avec les élections municipales, présidentielles, etc. Personne n’a envie d’annoncer des choses, comme un redécoupage, et amorcer un mouvement social qui dépasserait Longwy». Alliance ne compte pas attendre pour remettre les problèmes sur la table.

Le syndicat annonce une mobilisation jeudi 9 octobre, à Mont-Saint-Martin, pour «dénoncer le manque d’effectifs et les conditions de travail», révèle Cyril Baudesson. «On est vraiment au bord de la rupture!»

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