Moselle : les sapeurs-pompiers réclament les moyens nécessaires pour ne plus risquer leur vie
Alors que des incendies ravagent la France depuis plusieurs mois, entraînant une hausse d’activité pour les sapeurs-pompiers, ces derniers ont fait le choix de montrer leur colère, ce 13 août, quant à leurs conditions de travail. Les syndicats ont été reçus à Paris.
«Le qualificatif de héros, ça va deux minutes. Il nous faut des moyens !» À l’instar de ses camarades et collègues, Jean-Philippe Parrella tire la sonnette d’alarme. Ce n’est pas pour rien que le secrétaire de la CGT SDIS 57 et 44 000 autres sapeurs-pompiers professionnels du pays, sur un total de 256 400 soldats du feu, ont exprimé leur coup de gueule ce 13 août.
Les revendications de ces hommes et femmes que rien n’arrête sont connues de tous, mais les mégafeux de cet été inachevé n’ont fait que démontrer la gravité du problème : manque de moyens, manque d’effectifs, etc. «Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour garantir la sécurité des agents lors des interventions les plus dangereuses», poursuit Jean-Philippe Parrella.
Santé en danger
Le secrétaire CGT, sans oser faire la comparaison avec les incendies catastrophiques dans le Sud, renvoie notamment à l’incendie d’ampleur d’un site Seveso le 2 août dernier, à Gandrange : «135 sapeurs-pompiers et 40 engins mobilisés, deux collègues blessés, 30 000 habitants confinés et après, on nous dit qu’une fumée noire et dense n’est pas forcément toxique. Les collègues qui ont respiré la fumée en question apprécieront la nuance. On ne vise pas spécialement ce qui s’est passé à Gandrange, mais au cours d’une carrière, un sapeur-pompier est quand même confronté à des incendies sur des sites industriels. À force, on est exposé à des matières dangereuses. Nous nous battons aussi pour cette reconnaissance des maladies professionnelles.»
Mais l’argent est le nerf de la guerre : pour que les combattants des flammes disposent d’équipements modernes et adaptés, les pouvoirs publics doivent ouvrir le robinet. «Il faut que les SDIS (Services départementaux d’incendie et de secours) aient les leviers financiers pour mettre les moyens, mais ils ne sont pas décideurs de leur financement», rappelle Alexandre Zinck du SNSPP-Pats 57. Lequel précise : «Il y a la possibilité de jouer sur ces leviers avec la Taxe spéciale sur les conventions d’assurances (TSCA), qui contribue au financement des SDIS. Mais le problème, c’est que cet impôt reste opaque, on ne connaît pas les montants exacts reversés aux SDIS .»
«Il nous faut des budgets en hausse ainsi qu’un vrai financement de l’État et des SDIS pour nos équipements et notre matériel», souligne de son côté la CFDT SDIS 57 dans un post diffusé sur les réseaux sociaux.
Des revendications qui seront répétées ces prochaines semaines, car l’intersyndicale est sortie insatisfaite, ce jeudi à Paris, de son entrevue avec Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur. Une nouvelle mobilisation est prévue le 29 septembre, cette fois dans les rues de la capitale.