Metz sous les projecteurs : comment surfer sur la vague «Léon XIV»?

Avec plus de huit millions de téléspectateurs sur France Télévisions le lundi 28 septembre,Metz a été sous les projecteurs. De la mairie à la cathédrale, en passant par les cafés ou le centre des congrès, comment prolonger l’effet?

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Le pape Léon XIV, rue de la Garde, à Metz, ce lundi 28 septembre.
Le pape Léon XIV, rue de la Garde, à Metz, ce lundi 28 septembre.

Dès mardi 29 septembre, les artistes messins du Schmirlab sortaient un badge «Reviens Léon!». Mais, comme dans la pub, il est parti. Comment faire vivre les immenses espoirs soulevés? Réponses avec les acteurs concernés.

Le cadeau de Léon à Metz…

France Télévisions nous confirme les chiffres suivants : 8,4 millions de téléspectateurs ont suivi le pape à Metz. 1,1 million étaient réunis pour assister à la seule messe à la cathédrale, «soit 18,6 % de part d’audience, un chiffre énorme». Et d’autres paramètres difficiles à isoler : 80 millions de vidéos ont été vues sur les réseaux sociaux, pour l’ensemble du voyage. Voici pour les seuls chiffres du diffuseur officiel!

Commerces : le long terme

Les hôtels ont fait le plein. Selon MKG Consulting, «le taux d’occupation, dans la métropole de Metz, a atteint 91 % la veille de la visite, contre environ 40 % un an plus tôt». Cafés et restaurants n’ont pas connu le même élan. «Sur la zone barricadée, on savait que ça serait dur», décrit Christophe Périquet, vice-président de l’Union des métiers et des industries hôtelières (UMIH) de Moselle. «Mais sur la zone verte aussi (NDLR : place Saint-Louis, etc.), les retours sont plutôt décevants.»

Christophe Périquet nuance. «La logistique a compensé en partie. Policiers, journalistes et techniciens sont venus dans nos établissements.» Le responsable veut voir plus loin : «Nous avions appelé les confrères à Lourdes : les pèlerins ont un programme précis, ils repartent le soir, ce n’est pas propice. En revanche, Metz est apparue séduisante. Ce public aime le patrimoine. Il voudra revenir, même sans le pape!»

Metz-Congrès : le coup parfait

La cathédrale a été mise en avant. Mais c’est déjà le monument le plus visité de la ville. Le matin, le centre des congrès Robert-Schuman était aussi sous les projecteurs. Là, il y a un coup à jouer. Car le centre, malgré une belle conception, peine à atteindre l’attractivité espérée en 2018. Depuis décembre 2025, l’entreprise versaillaise Clameurs Event a récupéré la gestion. «Nous avons accueilli 1 800 personnes sur la journée, détaille Raphaëlle Amar, la directrice. La situation du centre, au sortir de la gare, s’est avérée idéale, notamment pour la sécurité. Les imprévus ont pu être absorbés.» Mission accomplie.

La suite? «Dès mardi, nous avions des appels de prospection. Les acteurs économiques voient le potentiel immense de Metz-Congrès.»

Religions : la promesse

Les cultes nationaux ont signé «l’Appel de Metz», sous le regard du pape. C’est la promesse d’un dialogue actif. Comment poursuivre l’élan localement? «Nous entretenons des liens réguliers. Mais, dans les paroles du pape, il y a un appel à poursuivre l’effort, à avancer sur le chemin, à ne pas se contenter de la situation», analyse l’imam Mohamed Hicham Joudat, président de la grande mosquée de Metz.

«Nous célébrons des temps forts ensemble, comme Hanouka, la fin du ramadan ou Pâques, décrit Jean-Louis Barthelmé, chanoine titulaire de la cathédrale. Mais quelles seraient les raisons d’approfondir les rencontres au service de la société en général? En cherchant les réponses, nous trouverons d’autres perspectives.»

Une «ville singulière» dans le regard du pape

Metz a accueilli un événement mondial. De bon augure avant le Tour de France 2028?

François Grosdidier, maire de Metz : La visite du pape avait été annoncée sur un temps court. Nous avons bossé tout l’été, en lien avec l’évêché et les services de l’État. Nous étions prêts. Nous serons au rendez-vous en 2028 pour accueillir le Tour de France (NDLR : 3e événement sportif mondial)!

On a entendu des déceptions, chez les commerçants, de voir la ville bouclée dès mercredi…

Nous n’aurons pas tant de contraintes pour le Tour. L’accueil d’un chef d’État, en particulier le pape, est spécifique. Le dispositif était annoncé, à part la fermeture d’En Fournirue, quand le président Emmanuel Macron a finalement souhaité se rendre à la messe.

Metz a parfois du mal à exister entre Paris et Strasbourg. Lundi, elle est apparue comme une ville singulière. Un bon point pour l’image?

Léon XIV s’intéresse aux gens dans leur profondeur, pas en surface. Il limite les rendez-vous institutionnels. Pour évoquer l’Europe, il ne s’est pas rendu à Bruxelles ou Strasbourg : il a souhaité revenir à la source de l’intuition européenne. En évoquant l’histoire de Metz au fil de la journée (NDLR : même durant l’homélie!), le pape a exprimé une considération profonde pour les habitants, les gens. Et au final, oui, l’image d’une ville singulière.

Hubert Gamelon

(Le Républicain lorrain)

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