Metz : les voitures en autopartage gagnent en popularité
Avec 25 véhicules actuellement, bientôt 29, et une demande en hausse de 13 % depuis le début de l’année, le dispositif fait son chemin petit à petit.
À Metz, l’autopartage n’a pas connu de révolution, mais il fait son chemin. Lorsque les premières voitures de la coopérative Citiz sont arrivées dans la cité messine, en 2014, elles n’étaient que trois. Douze ans plus tard, le parc compte 25 véhicules répartis dans 20 stations de la métropole. Et quatre voitures supplémentaires vont prochainement rejoindre le dispositif. Elles seront situées à proximité des nouveaux logements étudiants du projet My Campus, à Metz-Technopôle.
Depuis le début de l’année 2026, l’utilisation des véhicules en autopartage messins a progressé de 13 %. Un signe que la pratique s’installe progressivement dans les pratiques de déplacement. Un peu plus de 5 000 trajets en autopartage ont été réalisés au cours de l’année 2025. Mais l’ambition affichée reste de couvrir l’ensemble de la métropole messine. Un objectif qui se heurte toutefois à une réalité : les utilisateurs se concentrent principalement dans les communes les plus importantes. À ce jour, hormis Metz, seule Montigny-lès-Metz dispose de véhicules Citiz, soit deux voitures. Cette concentration n’est pas un hasard. Les utilisateurs de l’autopartage sont majoritairement des personnes qui ne possèdent pas de véhicule.
Un choix plus économique
L’autopartage repose donc sur une équation assez simple : pouvoir se passer de sa voiture au quotidien tout en conservant la possibilité d’en utiliser une lorsque cela devient nécessaire. Certains utilisateurs sont ainsi d’anciens propriétaires qui ont décidé de franchir le pas et de vendre leur véhicule. La raison est parfois environnementale, mais elle peut aussi être très concrète : le coût d’une voiture.
Entre 2018 et 2024, le prix moyen d’un véhicule neuf a augmenté de 40 %. À cela s’ajoutent l’assurance, l’entretien, le stationnement et le carburant. Selon une étude réalisée par le club automobile Roole en 2025, le coût annuel moyen d’une voiture atteint environ 5 000 euros, avant même l’explosion des prix du carburant. Citiz estime de son côté qu’un utilisateur de l’autopartage dépense entre 1 000 et 1 800 euros par an. Un écart conséquent, mais qui suppose de revoir ses habitudes. «Cela implique des changements d’habitudes», souligne Jean-François Virot Daub, le directeur général de Citiz dans le Grand Est.
C’est justement là que réside l’un des paradoxes de l’autopartage : pour que ce dernier fonctionne, il faut que ses utilisateurs puissent se passer de voiture la plupart du temps. Transports en commun, vélo ou marche constituent donc des éléments essentiels de son développement. Selon Citiz, une seule voiture en autopartage peut ainsi remplacer huit véhicules individuels.
Une voiture réservée, une place attitrée
Concrètement, le fonctionnement est relativement simple. Il faut d’abord être inscrit au service, avec la possibilité de souscrire un abonnement. Le véhicule est ensuite réservé pour une durée déterminée. Une fois le trajet terminé, l’utilisateur doit impérativement ramener la voiture à son emplacement habituel. Pour le carburant, la règle est de restituer le véhicule avec au moins un quart du plein. Lorsqu’un passage à la pompe est nécessaire, une carte présente dans la voiture permet de régler directement le carburant, sans avance de frais pour l’utilisateur.
Côté tarif, l’offre débute à trois euros de l’heure auxquels s’ajoutent 24 centimes par kilomètre. Des tarifs dégressifs s’appliquent pour les longs trajets. Pour Jean-François Virot Daub, l’autopartage peut notamment être la solution idéale pour les automobilistes qui parcourent moins de 15 000 kilomètres par an.
Elliot Ten Eyck (Le Républicain lorrain)