Lorraine : un agent municipal condamné pour agression sexuelle, la mairie s’explique
Lundi 7 septembre, un agent municipal de Conflans-en-Jarnisy a écopé de trois ans de prison ferme pour avoir agressé sexuellement une fillette de 12 ans. Dans la mairie lorraine, c’est le choc.
Contrairement à ce que l’agent municipal de Conflans-en-Jarnisy confiait lui-même depuis son box, lundi 7 septembre alors qu’il était jugé pour agression sexuelle par le tribunal correctionnel de Val de Briey, il ne s’occupait pas de faire traverser les enfants de l’école maternelle et du périscolaire. Mais bel et bien de l’école élémentaire, selon la mairie de Conflans-en-Jarnisy. Embauché en 2022 comme technicien chargé, entre autres, de la location et du nettoyage de la salle des fêtes, l’homme de 62 ans s’attelait en réalité depuis peu à sa nouvelle mission.
«On a eu un problème de personnel sur la traversée des écoles et on lui avait demandé ponctuellement de s’en occuper. Ce n’était pas appelé à durer», assure la maire, Sabine Hunold, qui précise que personne n’était au courant de son casier judiciaire : une condamnation en 2002 à onze ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur une mineure.
Il passe entre les mailles du filet
«À aucun moment il ne s’est retrouvé seul avec les enfants. Pareil sur les chantiers jeunes, où ça a été très ponctuel. Les faits ne se sont passés ni pendant son temps de travail, ni sur son lieu de travail», insiste-t-elle aussi.
Le 7 août dernier, en début de soirée, le sexagénaire a fait monter une fillette de 12 ans dans son appartement, avant de l’agresser sexuellement. Il a été interpellé dès le lendemain et placé en garde à vue. «On l’a appris parce que le commissariat de Briey nous a prévenus le matin où il n’est pas venu au travail. On ne nous a pas dit la raison. C’est une fois qu’il a été incarcéré qu’on nous a laissé entendre que c’était grave. Tout le monde est tombé des nues».
Mais alors, comment a-t-il pu passer entre les mailles du filet lors de son embauche, malgré son lourd passé judiciaire? «Quand il a été recruté, son casier n’avait pas été demandé puisqu’il a été recruté en tant que technicien. Lorsqu’on recrute un technicien, qui n’est pas censé travailler avec des enfants, on n’est pas obligé de le demander. L’erreur, puisqu’il faut aussi assumer, c’est lorsqu’on l’a mis sur la traversée des écoles, on aurait dû lui demander son casier», reconnaît Mathieu Laurent, directeur général des services. «À partir du moment où on a su, on a fait toutes les démarches pour que cela ne se reproduise plus. Dès la garde à vue, on a engagé sa suspension immédiate».
Maintenant que la juridiction valdobriotine a rendu son jugement – trois ans d’emprisonnement ferme – une procédure de licenciement va être engagée. «Depuis cette affaire, on a repris et checké les casiers de tous les agents embauchés à la commune. Ils sont tous vierges».
En outre, la mairie, «choquée» par cette affaire, se dit «de tout cœur» avec la jeune victime.
(le Républicain lorrain)