Les distributeurs automatiques : un marché plein d’avenir en Moselle-Nord
Avant, on se rendait au distributeur pour une cassette vidéo. Aujourd’hui, on les utilise pour du pain, des fleurs, des produits frais… Les casiers, en vogue dans de nombreux pays, s’imposent en France. En Moselle Nord, ils sont en plein essor. On y a accès 24 heures sur 24, même le dimanche.
Il est dans le marché depuis quarante ans. «Je faisais des casiers pour les cassettes vidéo et les DVD», se remémore David Clemente, à la tête de Providif, une société basée à Florange mais qui a fait ses débuts à Manom. Sentant le vent tourner, il a su s’adapter à la demande.
«Avec le boom de la vidéo à la demande, je me dis que j’ai bien fait!. Il y a quinze ans, les producteurs cherchaient à s’équiper d’automates pour vendre leur production. Je me suis lancé.» Puis en 2019, sa fille Laura lance Le Pti Maraîcher à Manom. «Je lui ai conçu son distributeur.»
Désormais, la dynamique cheffe d’entreprise compte un automate à Terville, un à Metzeresche et depuis peu un à Amnéville. «On fait un carton. Je remplis celui d’Amnéville quotidiennement. Mon local est à Florange à côté de l’entreprise de mon père. Je travaille avec des producteurs français et luxembourgeois, parfois belges.»
Il est possible de commander en ligne ou de venir directement sur place. «On trouve des paniers de fruits et de légumes, mais aussi des boissons. Je travaille avec la Cabane à jus par exemple.» L’avantage du concept? On vient quand on veut, de jour comme de nuit. «On gagne du temps et c’est cela que les consommateurs recherchent.»
S’adapter en permanence aux consommateurs
Au vu du succès, Laura envisage une nouvelle implantation d’ici à la fin de l’année, autour de Thionville, puis deux autres. «J’ai des demandes de collectivités et de particuliers. Mon père fait du sur-mesure. Je paye un loyer pour occuper l’emplacement et pour l’électricité. Ensuite il faut qu’il y ait du réseau internet.»
Pour David, ça ne fait aucun doute, les casiers ont de l’avenir. «On en a fait pour des fleuristes près de Nancy, ainsi plus besoin d’ouvrir le soir ou le dimanche, voire de recruter du personnel. Pour un agriculteur qui voulait vendre ses œufs du côté de Pont-à-Mousson. Je viens de lui installer un 9e automate! Tout est envisageable. On peut stocker du surgelé comme de la viande.»
À partir de 13 000 euros
Dans l’Est, on serait à la traîne par rapport au Nord, mais les choses sont en train d’évoluer. «Nous sommes onze à travailler. Nous intervenons dans l’Europe. Nos prix démarrent à 13 000 euros, nous avons différentes gammes.»
C’est du sur-mesure entre le matériau, l’habillage, le nombre de casiers. «On travaille aussi avec des ostréiculteurs! Grâce à notre technologie et notre expérience, tout est possible, on propose nos services également pour la vente de pellets de bois. Regardez au Japon : devant chaque commerce, il y a un distributeur. C’est rentable au bout de deux à cinq ans.»
Prochainement, Providif et Le Pti Maraîcher déménageront du côté de Fameck. «On va gagner en visibilité et surtout avoir des locaux plus adaptés à nos besoins.»
Sabrina Frohnhofer
(Le Républicain lorrain)