Le ras-le-bol du bourgmestre d’Arlon face aux immeubles vides sur la place Léopold
Vincent Magnus pousse un coup de gueule face à l’inertie de certains investisseurs qui laissent des immeubles vides, place Léopold, à l’Écu de Bourgogne et au Café de la Paix.
Vous n’êtes apparemment pas content concernant la situation d’immeubles dans la rue de la Poste ?
Vincent Magnus :Cela fait des années que l’Écu de Bourgogne est libre et n’est pas occupé. Cela fait encore un peu plus d’années que le Café de la Paix est dans un état de délabrement avancé. On a fait au niveau des pouvoirs publics un investissement aux alentours de 20 millions pour la place et le parc.
J’attends soit que ces privés revendent leur projet car ils ne savent rien en faire parce qu’ils n’ont pas les moyens, soit qu’ils prennent des mesures pour mener ces projets à bien.
En quelque sorte, vous leur mettez la pression ?
Je mets absolument la pression et on va la mettre de manière financière. On prendra contact avec ces différents propriétaires. Dany Van Melsen (NDLR : le patron du Coconuts) l’avait déjà fait en voulant avoir un bail pour le Café de la Paix. Cela n’a pas pu se faire.
Ces gens ne sont absolument pas intéressés par notre centre-ville, or c’est, pour nous, de la plus haute importance. C’est véritablement malheureux de voir évoluer les choses comme ça. Quand les touristes sortent de notre beau parking et tombent là-dessus, cela ne donne pas l’image que nous voulons avoir : une ville moderne, accueillante avec des événements différents qui se suivent.
On a beaucoup de plaisir à voir comment la ville est acceptée par la population et les commerçants. On ne peut pas comprendre que des personnes qui ont la chance d’avoir un bien situé à cet endroit ne le rentabilisent pas.
Concrètement, vous allez faire quoi ?
On leur a déjà envoyé la taxe sur les immeubles inoccupés. Et puis, je vais prendre contact avec eux par téléphone. Je l’ai déjà fait avec le propriétaire de l’Écu, un commerçant qu’on me dit dynamique au Grand-Duché et qui a un commerce à Arlon. J’ai été le voir personnellement à la Schueberfouer pour lui demander d’avancer.
On l’a reçu avec Olivier Waltzing pour avoir des esquisses. Je souhaite vraiment que cela avance. Quant au Café de la Paix, on ne l’a jamais rencontré ce Monsieur! On ne sait pas ce qu’il veut. Il avait un bail commercial, je veux en avoir le cœur net.
Je mets absolument la pression et on va la mettre de manière financière
L’Écu de Bourgogne, bientôt des plans ?
Cela fait un bail qu’il a été vendu par la famille Kirchenbilder. Les Arlonais ne voient pas venir le projet d’un hôtel, d’une brasserie. Les rumeurs vont bon train : la conjecture ferait mal, le proprio aurait-il les reins si solides ? Autant de questions qu’on a posées à Steve Daré.
L’homme assure être en train de finaliser les plans : «Un appart hôtel avec de nouvelles technologies, une petite restauration. On ne peut pas faire un restaurant gastronomique, il n’y a pas la place pour une cuisine. On pense à 16/17 chambres.»
À la question «Tenez-vous encore au projet ?», le Luxembourgeois répond : «Je ne serais pas en train de travailler sur des plans sinon. Le projet n’a pas la philosophie d’un hôtel classique. La place et le parking sont bien, on veut donc en faire quelque chose de bien.»
Il comprend l’impatience du bourgmestre. Steve Daré répond qu’il «travaille pour sa ville». Et à ceux qui supputeraient des difficultés financières ou parleraient d’une éventuelle revente, il réplique : «C’est clair que la conjoncture a changé les choses, les taux d’intérêt, les banques ont changé.
Tout ce que j’ai est à vendre, c’est une question de prix qu’on me donnera. Le projet je l’ai en tête, j’ai une vision, mais si quelqu’un m’offre une belle somme… J’ai encore parlé aux architectes il y a une semaine.
Ce projet me tient à cœur, j’ai hâte d’avancer et de faire quelque chose de joli, c’est un bâtiment avec du charme», ajoute celui qui est propriétaire d’un parc de loisirs à l’Hydrion et possède plusieurs restaurants et commerces au Grand-Duché.
Le café de l’oubli
Où est le temps où le Café de la Paix était bondé ? Le lieu est à l’abandon. Le tenancier Dany Van Melsen rêvait d’un pub irlandais. Les plans sont là, mais l’Arlonais n’aurait rien vu venir. Le patron du Coconuts serait-il encore prêt à investir ? À voir.
À Arlon, personne ne semble trop savoir qui est derrière le café, d’autant que le propriétaire est un groupe d’actionnaires, M Immobilier SA, basé au Luxembourg. On a finalement pu joindre Yann Tytgadt, le nouveau CEO. Il précise qu’il est aux commandes depuis avril. Un locataire est toujours là, la Brasserie de Luxembourg.
«On a de potentiels repreneurs, je viens d’arriver, l’idée est qu’on veut faire quelque chose. On a un bail jusqu’au 30 septembre 2028, mais cela ne veut pas dire qu’on doive attendre cette date pour faire un projet. Le bourgmestre m’a contacté, j’ai renvoyé un mail pour dire que je suis prêt à discuter de l’immeuble. J’ai pris contact avec des structures en Belgique pour l’achat ou la location.»
Alors louer ou vendre ? «La solution qui sera la meilleure pour nous ! Mais ce n’est pas du jour au lendemain qu’on va aboutir, je n’ai pas qu’un bien, il n’y a aucune mauvaise intention de la part de la Brasserie ni du propriétaire.
Dans la totalité des immeubles, c’est malheureusement un immeuble qui est resté un peu à l’abandon. Peut-être que le fait d’en parler le remettra sur la carte.»