Le festival Constellations invite à redécouvrir le patrimoine de Metz
Entre installations lumineuses, œuvres sonores et mapping monumental, le festival offre aux habitants comme aux touristes l’occasion de redécouvrir le patrimoine messin d’une manière originale.
Rares sont les moments où l’on prend réellement le temps d’apprécier la beauté du patrimoine messin. Pendant les soirées d’été, le festival Constellations invite justement ses nombreux visiteurs à ralentir le pas, à s’arrêter quelques instants, à observer et à écouter les œuvres de sons et lumière disséminées dans plusieurs lieux emblématiques de la ville. Ouvertes du jeudi au samedi, ces illuminations estivales sont devenues, au fil des ans, une véritable attraction touristique.
Pour profiter pleinement de la programmation nocturne, une règle s’impose : ne pas être pressé. Dans le cloître de l’Hôtel de Région, le silence est presque total. Plusieurs visiteurs ont choisi de s’installer au milieu de la cour pour s’immerger dans l’univers paisible imaginé par l’artiste Nicolas Paolozzi. Les pissenlits géants semblent danser au rythme d’une ambiance sonore enveloppante. Jeudi dernier, trois chauves-souris ont même traversé le ciel du cloître, comme si elles faisaient partie de la mise en scène.
«C’est toujours très beau, à l’Hôtel de Région», sourit Jeanine. La Pangeoise s’est organisée un après-midi entier consacré à Constellations avec ses amis. Avant la tombée de la nuit, le groupe a découvert les œuvres d’art urbain du parcours de jour. «Les fresques sont magnifiques. Vous avez vu celle de la rue Blondel?» glisse-t-elle. Son amie Isabelle Aubert, Messine et fidèle du festival depuis ses débuts, apprécie particulièrement sa capacité à se renouveler chaque été. Dix ans après la première édition, elle continue de découvrir de nouvelles créations avec le même enthousiasme. À 22 h 15, le petit groupe reprend sa déambulation en direction du Temple Neuf. «Le bouquet final, ça sera le mapping», annonce Isabelle.
Enfants infatigables, photographes à l’affût
Quelques minutes plus tard, le parvis du Temple Neuf résonne surtout des rires des enfants. Impossible ou presque de résister à Prismatica. Les 25 grands prismes colorés tournent sur eux-mêmes au moindre contact, faisant apparaître une multitude de reflets lumineux. Très vite, un défi collectif s’organise presque naturellement : réussir à faire tourner les 25 prismes en même temps. Les plus jeunes courent d’une installation à l’autre avec une énergie débordante. «Allez, on est parti!», tente une mère de deux jeunes enfants. «Je ne veux pas casser l’ambiance, mais il commence à être tard.» Sa fille négocie aussitôt un dernier tour : «Attends, je veux encore tourner une fois.» À quelques pas, la grand-mère sourit moins : «Mais c’est toujours la même chose.»
Le parcours réserve aussi de belles surprises aux amateurs de photographie. Jardin Fabert, les silhouettes lumineuses de Sentinels offrent un terrain de jeu idéal pour immortaliser les meilleurs angles. Marc multiplie les essais, attend le bon passage d’un visiteur ou la lumière parfaite pour déclencher son appareil. Plus loin, Benoît De Mijolla observe la scène avec un œil averti. En tant que médiateur du festival, il passe des heures auprès des œuvres pour répondre aux questions du public. S’il ne devait en retenir qu’une, ce serait justement Sentinels. «Je trouve qu’elle a une belle cohérence globale. Je suis moi-même artiste donc j’apprécie.»
Tout au long de la soirée, les visiteurs poursuivent leur promenade jusque dans la cour du musée de la Cour d’Or ou devant l’église des Trinitaires, où les créations lumineuses invitent elles aussi à lever les yeux et à prendre le temps d’observer des lieux familiers sous un autre visage.
Puis vient le rendez-vous que beaucoup attendent : le mapping de la cathédrale. Cette année, six projections retraçant les temps forts des éditions précédentes s’enchaînent pendant près de 45 minutes. Une durée qui surprend certains spectateurs au moment où les premières séquences s’enchaînent. Pourtant, au fil des images, les départs restent extrêmement rares. Les rangs demeurent presque intacts jusqu’aux dernières minutes. Les retentissants applaudissements annoncent la fin du spectacle.