Immeuble à Villerupt, café au Luxembourg : une affaire de prostitution «hors normes» devant la justice
À partir d’écoutes téléphoniques sur le portable d’un escroc chevronné, les enquêteurs ont mis le doigt sur un réseau de prostitution dans un immeuble de Villerupt et un café luxembourgeois.
Il était déjà connu sous de multiples identités. À peine sorti de prison revoilà Georges Foche à l’œuvre. Le Villeruptien a usé de documents qu’il falsifiait lui-même : fiches de paie, cartes d’identité, titres de séjour, certificats de résidence… La liste est longue. Il a usurpé de nombreuses identités et a tenté à douze reprises d’escroquer diverses sociétés de crédit, pour un montant total de 205 500 euros. Il parviendra à duper deux organismes, lui permettant d’empocher 4 000 euros.
Au téléphone, le quadragénaire n’hésitait pas à emprunter une voix féminine pour parvenir à ses fins. Tous les moyens étaient bons pour s’enrichir. Même diversifier ses activités. «On s’aperçoit qu’il n’a eu qu’à traverser la rue pour trouver de nouveaux débouchés lucratifs : du proxénétisme avec l’aide de Monsieur Da Silva Costa et d’autres prévenus», souligne Victor Waltmann, substitut du procureur.
Georges Foche démarchait et proposait à des prostituées de « travailler » dans un immeuble à Villerupt. Du 1er juillet 2022 au 31 mars 2023, Fernando, propriétaire du bien immobilier en question, mettait à disposition trois de ses sept appartements à des personnes se livrant à de la prostitution. Un quatrième pour son ex-compagne et mère de sa fille, travailleuse du sexe, comme lui. Le Luxembourgeois partageait des annonces sur internet et allait parfois directement chercher les prostituées à l’aéroport.
À 450 euros la semaine ou 50 euros la nuit, Fernando Da Silva Costa, selon ses dires, ne tirait que très peu de bénéfices de ses locations. Une investigation bancaire démontre qu’en 2022, il percevait en moyenne 4 000 euros par mois alors qu’il était au chômage.
Entre frère et sœur
Afin de faire fructifier ses affaires, il a pu s’appuyer sur l’aide de son concubin et de sa sœur. Ce premier a servi d’intermédiaire en récupérant notamment certains loyers en son absence. Sa sœur, elle, a joué un rôle bien plus éminent. À cette époque, gérante d’un café luxembourgeois qui dispose de chambres à louer, elle accueillait des prostituées lorsque les appartements de son frère étaient occupés. Les deux complices diront ne pas être au courant de ces activités illégales. Les conversations téléphoniques prouveront le contraire.
«Affaire hors normes» pour Victor Waltmann, «procédure d’une très grande banalité» dans le camp de la défense. Le tribunal valdobriotin suivra en bonne partie les réquisitions du substitut du procureur. Georges Foche est condamné à cinq ans de prison ferme et dix ans d’interdiction du territoire français (ITF).
L’une des relations du Villeruptien, entendue à la barre, écope de trois mois de sursis simple. Fernando Da Silva Costa récolte quatre ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt, cinq ans d’ITF, la confiscation de son véhicule et de son immeuble. Son concubin et sa sœur sont respectivement punis d’un an et dix-huit mois de sursis. Cette dernière est également interdite de territoire français pendant trois ans.