Fournitures scolaires, comment les familles s’en sortent dans le Pays-Haut?

Entre l’inflation qui grignote le budget et une allocation de rentrée jugée dérisoire, les familles rivalisent d’ingéniosité pour boucler les cartables. Calculette en main, chasse aux bons plans et seconde main : à quelques jours de la rentrée, chaque euro compte (vraiment).

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Les familles multiplient les astuces pour dénicher des fournitures scolaires à bas prix.
Les familles multiplient les astuces pour dénicher des fournitures scolaires à bas prix.

Une étude Opinion Way/Bureau Vallée, menée entre du 1er au 7 juillet sur un panel d’environ 1 000 à 1 500 personnes représentatives de la population française, évoque la rentrée scolaire comme une «charge mentale». 65 % des personnes interrogées disent vivre l’achat des fournitures comme «une pression ressentie» plus forte chez les mamans, liée à l’anticipation, à la comparaison des prix et à l’organisation familiale.

L’allocation de rentrée scolaire jugée insuffisante

Dans le rayon des fournitures scolaires à l’Intermarché de Longwy, Dominique D., 35 ans, se gratte la tête : «J’ai la liste fournie par les enseignants entre mes mains. Et c’est toujours le même casse-tête pour trouver les prix les plus bas rien que pour les fournitures basiques». Tandis que ses deux enfants, de 10 et 11 ans, sont partis en colonie de vacances jusqu’à fin août, l’aide-ménagère sort sa calculette pour rester dans son budget prévisionnel : «Avec la forte hausse des carburants au Luxembourg depuis le mois de février, due à la guerre au Moyen-Orient, je chiffre tout. D’habitude, mes deux garçons pouvaient se faire plaisir en prenant quelques gadgets supplémentaires. Je reconnais que ce n’est plus possible».

L’allocation de rentrée scolaire (ARS) qu’elle percevra le 18 août s’élève à 877,28 euros (contre 870,30 euros en 2025) : «C’est une somme dérisoire parce que les prix s’envolent sur tout. Je vais devoir composer, mais il faut reconnaître qu’elle ne répond pas aux besoins d’un enfant pour une année scolaire».

Les Belges et les Luxembourgeois passent la frontière

La particularité de Longwy est sa proximité avec les frontières belge et luxembourgeoise. Andréas W., 41 ans, est belge. Mère d’un enfant de 6 ans, la psychologue reconnaît qu’elle fait ses achats dans le bassin de Longwy : «Feuilles simples et doubles perforées, intercalaires et pochettes en plastique, c’est moins cher ici, clairement». La prime de rentrée scolaire est versée début août et varie selon l’âge de l’enfant et la région de résidence. Elle a perçu 57,87 euros : «Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de modifier en 2025 le système de gratuité scolaire en vigueur dans les écoles primaires. Elle n’est plus généralisée. Désormais, nous devons mettre un peu plus la main au portefeuille».

Pour d’autres, ce sera aussi le système D, à l’image de Séverine D., Lexéenne et sage-femme au Luxembourg, 54 ans, maman de quatre filles de 11 ans, 13 ans et de jumelles de 15 ans : «Le problème quand tu as des adolescentes, c’est la surenchère entre les copines, de celles qui auront le produit à la mode ou tendance. C’est une réalité avec laquelle je dois composer, comme tous les parents». Elle réduira sa facture en consultant les applications vendant des fournitures scolaires d’occasion. Pas le choix : «Si acheter des objets de seconde main est généralement une solution très efficace pour faire de belles économies, c’est aussi une façon de réduire son impact sur l’environnement et d’éviter la surconsommation».

Elle s’est fixé un budget de 1 200 euros de matériel et de nouveaux vêtements. Comme beaucoup de frontaliers, la cadre chassera les bons plans sur le net et chez les hard-discounters du bassin de Longwy et du Luxembourg.

211 euros pour une rentrée en sixième

Selon le baromètre CSA et Cofidis publié début août, le budget moyen consacré par foyer à la rentrée scolaire atteint 488 euros, soit une progression de 19,3 % par rapport à 2025. Pour les fournitures scolaires basiques telles que les cahiers, les stylos, les classeurs et les trousses, l’association Que Choisir Ensemble relève une hausse plus modérée de 2 % dans les grandes surfaces, après une augmentation équivalente en 2025. De son côté, l’association Familles de France, référence sur le sujet depuis plus de quarante ans, évaluait en 2025 le panier de fournitures pour une entrée en sixième à un peu plus de 211 euros, un niveau qui devrait rester stable en 2026.

Quand les prix flambent, les initiatives de solidarité se mettent en place à destination des plus vulnérables. À Longwy, Stéphanie De Polli, la directrice du secteur de La Poste, propose de récupérer le matériel scolaire inutilisé par les familles afin de le distribuer aux plus démunis. Cette opération, une première, s’achèvera le 29 août.

Chrystelle Thévenot

(Le Républicain lorrain)

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