Fin des navettes scolaires municipales à Hayange : un choix incompréhensible pour les parents

À la rentrée scolaire, il n’y aura plus de navette municipale pour desservir certaines écoles. Le maire de Hayange, Fabien Engelmann, justifie son choix par des raisons budgétaires et de compétences. Un choix mal vécu par de nombreux parents, en particulier à Saint-Nicolas-en-Forêt.

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Une bonne dizaine de parents se sont réunis pour parler de cette suppression devant l’école du Jura.
Une bonne dizaine de parents se sont réunis pour parler de cette suppression devant l’école du Jura.

À la rentrée, il n’y aura plus de navette scolaire municipale à Hayange. Préparé le 6 août, le courrier officiel a été envoyé aux parents d’élèves le 11 août. La navette, c’était le petit bus qui récupérait 85 enfants du centre-ville, de Marspich et de Saint-Nicolas-en-Forêt (sur 830 élèves au total dans la commune) pour les déposer devant les écoles Jean-de-La-Fontaine, Jules-Verne et du Jura. Des trois quartiers, Saint-Nicolas-en-Forêt est le plus affecté.

«Cela concerne 9 enfants de Marspich, 20 du centre-ville et une cinquantaine de Saint-Nicolas», énonce Fabien Engelmann. Pour lui, la décision a été plutôt bien acceptée. «On a eu deux, trois appels, les gens comprennent.» Comprendre quoi ? Que ce choix d’un arrêt de la navette est d’abord financier. «La récente consultation des prestataires de transport établit un coût réel du service à 165 285 euros TTC par an pour 139 jours de fonctionnement, soit 1 900 euros par élève», détaille la municipalité. Un coût élevé à un moment où la Ville a dû se résoudre à augmenter la taxe foncière pour équilibrer son budget.

«Mon fils va marcher seul le long de la nationale»

Les élus de l’opposition contestent ces données et de nombreux parents ne comprennent pas cette décision. Une bonne dizaine d’entre eux se sont réunis pour en parler ce lundi devant l’école du Jura. Ils jugent la communication officielle bien tardive. Et listent leurs difficultés d’organisation et leurs questions face à ce changement. Laurianne Knecht a appris la nouvelle «en mairie, le 11 août», au moment de sa réinscription, «personne n’était au courant».

Pareil pour Stefanie Acer : «Je me suis rendu compte que les parents n’étaient pas au courant». Habitante des Hauts-de-Bellevue, elle prépare la rentrée de son fils de 7 ans à l’école du Jura. Il y a deux kilomètres à parcourir entre son domicile et l’école. «Même s’il faisait le trajet à pied ou à vélo, ce serait compliqué en hiver ou par temps de pluie. Mon fils est diagnostiqué TDAH et il a aussi des troubles d’opposition, je ne veux pas qu’il aille à l’école tout seul.» Elle se trouve sans solution de repli. Le fils de Laurianne, 6 ans, est scolarisé à l’école du Jura également. Elle aussi habite les Hauts-de-Bellevue. «On ne peut pas laisser un enfant de 6 ans tout seul pendant 2 km sur la nationale… Ce n’est pas possible ça !» Enseignante, elle partage peu ou prou les mêmes horaires que son fils. «J’aurai toujours 15 minutes de retard. Mon mari travaille aussi.»

«Ça fait trente ans que ce service existe»

À côté d’elle, Stéphanie Pacini acquiesce. «J’ai enlevé le mien de la cantine, j’en avais pour plus de 100 euros par mois. J’ai encore cinq autres enfants à la maison. Pour moi, ce n’est pas possible.» Farida Mansouri, voisine et maman, ajoute : «Je préfère que mon enfant rentre manger à la maison. Mais je ne peux pas faire l’aller-retour quatre fois par jour». Lætitia Alesch habite au Faubourg Sainte-Berthe. À la rentrée, ses enfants, âgés de 7 et 9 ans, devront marcher environ 20 minutes pour aller jusqu’à l’école Jean-de-La-Fontaine. «Ça fait trente ans que ce service existe. Moi-même je le prenais pour aller à l’école quand j’étais petite. Je ne sais pas ce qu’on va faire.»

La ligne de bus Te’Mob sera prolongée jusqu’à l’école du Jura

La mairie a trouvé une solution : la navette sera remplacée par des bus Te’Mob. «La ligne part des Grandes-Terrasses et s’arrête au bout du boulevard des Vosges. Là, il reste cent mètres pour arriver à l’école du Jura. On a demandé une prolongation de la ligne et davantage de bus» dans les créneaux horaires de l’école. Il s’agit de la ligne N90. «Si la cadence est adaptée, c’est jouable.» Une réunion est prévue le 24 août entre la mairie et le syndicat des bus pour caler la desserte.

«C’est un pli à prendre», commente Fabien Engelmann. Mais cela ne rassure pas les parents. Ils le jugent «trop risqué pour des enfants de 6 ans». Un autre recours serait le Carapatt’, l’aller et le retour à pied des enfants, accompagnés par des parents volontaires. L’initiative aurait été tentée par le passé, avant de faire pschitt. Fabien Engelmann en est convaincu : les parents s’adapteront. «Au Konacker, on a vérifié, il y a un bon kilomètre entre le haut du quartier et l’école, et les parents n’ont jamais demandé de navette.»

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