Festival Constellations en langue des signes : «S’il n’y avait pas d’interprète, personne ne viendrait»

La dernière visite du festival Constellations à Metz en langue des signes française a eu lieu jeudi 6 août à 21 h 15. Vingt et une personnes sourdes ou malentendantes sont venues y assister, «explosant la jauge» fixée par les organisateurs.

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C’est sous les lumières que Claire Matz (à droite) a interprété, en langage des signes, les paroles des médiateurs.
C’est sous les lumières que Claire Matz (à droite) a interprété, en langage des signes, les paroles des médiateurs.

L’air est doux, un vent léger vient jouer avec les cheveux et le ciel sans nuages annonce une belle soirée. C’est dans cette ambiance douce qu’a été organisée la dernière visite de Constellations en langue des signes française par les médiateurs de l’événement. «Ça fait trois ans que ces visites sont organisées. La première année n’a pas pris. Mais à partir de la deuxième, elles ont explosé», retrace Soline Pin, chargée de médiation.

Cette année, Soline Pin a fait ajouter une visite de jour. «On ne voit pas les mêmes œuvres de jour ou de nuit et je ne voyais pas pourquoi les personnes sourdes n’auraient pas la possibilité de les voir. On va sûrement en ajouter une deuxième l’année prochaine.»

«Toucher les œuvres»

Sébastien Faivre-Picon, médiateur en charge du groupe, a été accompagné par Claire Matz, interprète en langue des signes française (LSF). À leur arrivée, tout le monde se salue par un signe de main de la bouche vers l’avant qui veut dire bonjour. «C’est une petite communauté où tout le monde se connaît. Claire est du secteur et elle est dans le réseau, donc elle connaît tous ceux qui sont présents», commente Soline Pin pendant les salutations.

Quatre œuvres numériques sont au programme de la soirée. «Vous pourrez toucher les œuvres. N’hésitez pas ! Les enceintes aussi pour pouvoir ressentir l’œuvre», interprète Claire Matz à l’aide de ses mains et d’expressions faciales et corporelles. Les visiteurs déambulent dans l’Hôtel de région, la première étape avant de donner leur ressenti et leur interprétation. «J’avais envie de dormir. C’était calme et puisqu’on y est habitués, ça ne nous a pas dérangés», signe une des participants.

«Continuer ce type de visite»

La façon pour une personne sourde ou malentendante de pouvoir apprécier le sonore est par les vibrations. «Elles y sont plus sensibles que nous. Les vibrations résonnent en elles et c’est ainsi qu’elles peuvent sentir la musique. C’est pour ça qu’on a acquis des gilets vibrants pour le mapping», précise la chargée de médiation. Le groupe échange ensuite et n’hésite pas à enseigner des signes aux médiateurs. «Attendre», prononce Lionel Daval en ramenant ses doigts vers ses paumes pour montrer le geste à la médiatrice de l’œuvre Sentinels.

C’est avec le sourire et de l’humour que les visiteurs ont suivi avec attention chaque explication. «Je suis venue de Paris en vacances à Metz. C’est mon amie qui m’a parlé de cette visite et je suis contente de voir qu’il y en a ici. Ce n’est pas vraiment le cas à Paris. C’est accessible et on a le lien entre le visuel et le son grâce aux explications. Il faut continuer ce type de visite», encourage Cécile Thurin avec un sourire.

De son côté, Lionel Daval, artiste, espère voir des artistes sourds être intégrés. «C’est dommage qu’il n’y ait pas d’œuvres d’artistes sourds. Ça nous permettrait de nous exprimer. Mais ça reste très intéressant de pouvoir y accéder», remarque-t-il avant que sa femme, Fernanda Daval, n’ajoute : «S’il n’y avait pas d’interprète, personne ne viendrait».

Camille Poirson

(Le Républicain lorrain)

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