En Lorraine, la récolte des mirabelles touche à sa fin

Voilà un fruit que la sécheresse de 2026 semble avoir épargné. Dans les vergers lorrains, l’heure est à la cueillette des dernières mirabelles.

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Charlotte Cunat, la propriétaire des quatre hectares de vergers de mirabelliers à l’entrée du village de Borville, et Lucas, saisonnier et étudiant en médecine vétérinaire en Belgique.
Charlotte Cunat, la propriétaire des quatre hectares de vergers de mirabelliers à l’entrée du village de Borville, et Lucas, saisonnier et étudiant en médecine vétérinaire en Belgique.

Fermes, sucrées et légèrement croquantes pour la texture et les saveurs. Jaune d’or avec des reflets rouges pour la couleur. Charlotte Cunat, 41 ans, est satisfaite de sa production de mirabelles. Sur les quatre hectares de vergers qu’elle gère avec son conjoint, Nicolas Dron, 44 ans, les jolis fruits dorés sont cueillis à la main par des saisonniers avant de finir dans un panier. «On a commencé à récolter dès le 27 juillet, on va finir la récolte dans quelques jours, précise la jeune mère de famille. Après, Nicolas et moi reprenons le travail.»

Les propriétaires de ce verger situé à l’entrée du village de Borville ont en effet une double activité. Nicolas Dron est salarié agricole et Charlotte Cunat travaille pour la Fédération des foyers ruraux de Meurthe-et-Moselle. Ils sont donc en «vacances» dans leur verger. Sous la chaleur, le travail est physique, mais ils peuvent compter sur les saisonniers et des membres de la famille pour leur donner un coup de main.

Un sol idéal

«C’est la même chose chaque année, assure la jeune femme. On passe l’été au verger. C’est une sorte de tradition familiale. Mes parents travaillaient déjà la mirabelle et je suis née le 31 août, en pleine récolte. Ce verger appartenait au père de Nicolas et nous avons planté les mirabelliers en quatre étapes entre 2013 et 2016. Nous ne sommes pas encore au maximum de la production, car un mirabellier met dix ans pour atteindre sa maturité de production. Mais nous sommes déjà contents des résultats. On va faire environ 35 tonnes cette année, nous sommes de petits producteurs.»

Le verger donne bien et la qualité du sol argilo-calcaire n’y est pas pour rien. «On a de la chance d’avoir de la bonne terre, confirme Nicolas Dron. Le sol est profond dans les collines du Bayonnais et la météo est adaptée puisque les mirabelliers aiment le chaud et le froid.» Les fruits n’ont en effet pas l’air d’avoir trop souffert de la canicule. Ils cochent en tout cas toutes les cases du cahier des charges de l’indication géographique protégée (IGP) Mirabelles de Lorraine : «Ils font plus de 22 mm, sont bien jaunes et leur taux de sucre est supérieur à 20°Brix», résume Charlotte Cunat.

Le fruit du travail

Comme la plupart des productions, celle de Borville sera achetée par la coopérative fruitière Vegafruits, qui regroupe plus de 200 arboriculteurs en Lorraine. Mais avant de les acheminer vers la coopérative, il faut les cueillir. C’est la mission d’une quinzaine de saisonniers, comme Alex, 17 ans. Le jeune homme remplit son seau avec le sourire : «J’aime bien travailler en extérieur. C’est plutôt agréable de découvrir un métier manuel. En travaillant ici pour la saison, je mets un peu d’argent de côté pour financer mon permis de conduire.»

Dans l’arbre voisin, Manon, 16 ans, est venue au verger avec les mêmes motivations : «C’est bien de se faire un peu d’argent et ce qui est agréable, c’est qu’on travaille dans la bonne humeur. L’ambiance est amicale.» Il est déjà midi. Les saisonniers vont prendre une pause. «Chacun est libre, mais ça fait partie du plaisir et de la convivialité de pique-niquer ensemble, assure Charlotte Cunat. Dans quelques jours, Nicolas et moi reprendrons le travail, alors on profite des derniers moments.» Les gourmands, eux, ont encore quelques jours pour profiter des derniers fruits.

Magalie Delle-Vedove (Le Républicain lorrain)

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