Centre de maintenance SNCF : l’atelier qui avale les TER près de Metz

Un faux air de salle omnisports, voilà la première impression du centre de maintenance SNCF. Cet atelier est conçu pour accueillir les nouveaux TER de plus de 130 m de long.

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Le Luxembourg a participé au financement du projet à hauteur de 50 millions d'euros.
Le Luxembourg a participé au financement du projet à hauteur de 50 millions d'euros.

C’est toujours secret, ce qu’il se passe à l’intérieur d’un technicentre SNCF. À savoir comment les équipes inspectent, entretiennent, réparent les TER de la Région Grand Est que vous empruntez peut-être chaque matin pour aller bosser. Chasuble orange et lunette de protection de rigueur, la dirigeante du site, Hélène Wagner, guide nos pas dans ce qui ressemble à une salle omnisports à l’ossature bois, à l’intérieur de laquelle on aurait enfilé un train complet. D’ailleurs, de l’extérieur, seul le faisceau de rails s’engouffrant sous de vastes portes vitrées trahit la réelle vocation du site.

Nous sommes à Montigny-lès-Metz, à l’endroit même où, en 1850, le chemin de fer s’est imposé pour devenir un acteur majeur de la commune. Oubliées les larmes versées en 2013 lors de la fermeture de l’atelier SNCF, place à un bâtiment contemporain insoupçonné au bout de la rue Saint-Victor, dont la construction s’appuya sur le réemploi de 8 000 tonnes de matériaux.

Fini les ateliers maculés de graisse et de suie, merci l’électrification! «Une belle luminosité, voilà ce qui nous choque», commente un cheminot. Pareil pour la température, agréable malgré les premiers frimas de l’automne. Quant à l’été, «oui, on a eu chaud, mais on enregistrait trois à quatre degrés de moins que dans les autres ateliers», observe Hélène Wagner. «La toiture est peinte en blanc, et des panneaux photovoltaïques alimentent le bâtiment en courant la journée.» Elle désigne de la main «la fosse-piscine de plus de 100 mètres de long», l’attraction du site. Les rails de quatre voies sont fixés sur des pilotis en acier, libérant de l’espace pour travailler sous les rames.

Au cahier des charges figurait la capacité d’accueillir les rames TER en provenance de la Région Normandie, achetées par la Région Grand Est. «Ces rames sont plus longues, elles comportent cinq caisses (NDLR : le terme wagon est réservé au fret), contre trois pour celles en service jusqu’à présent.» Ici, il n’y aura que des TER électriques. D’ailleurs, on aperçoit les caténaires 25 000 volts qui se déplient tout le long du toit. Et exclusivement des TER à deux niveaux circulant principalement sur le sillon lorrain.

Le centre ne dort jamais

Le ferroviaire répond à des réglementations très strictes en matière de sécurité. Tous les quatorze jours, chaque rame passe ici pour un contrôle visuel, et tous les cinquante-six jours pour une opération programmée obligatoire. Voilà pour le préventif. S’ajoute le correctif, soit les réparations à la suite de pannes ou d’accidents pouvant survenir sur les voies.

Le centre de maintenance ne dort quasiment jamais. Tout juste, il s’assoupit entre 4 h et 8 h du matin, «moment où les rames partent sur les voies chercher les voyageurs». Et c’est le cas sept jours sur sept.

Ils sont 80 cheminots à bichonner les 41 rames, soit 16 nouvelles comportant cinq caisses, et 25 tricaisses bien connues des usagers. Pour les accueillir, il fallait donc faire émerger ce centre de maintenance dont le coût total atteint 124 millions d’euros, avec les abords, l’outillage et la station de lavage.

Un investissement porté exclusivement par la Région et le Grand-Duché. Nos voisins mettent la main au portefeuille en sortant tout de même un billet de 50 millions d’euros. Les frontaliers apprécieront.

Olivier Chaty

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