Au niveau de l’enseignement supérieur, Metz doit avoir «une réputation de rang mondial»

Quelques semaines après la rentrée 2026-2027, Marc Sciamanna, conseiller municipal délégué à la vie étudiante, fait le point sur la stratégie de la Ville pour ce nouveau mandat.

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Selon Marc Sciamanna, le nombre de logements étudiants devrait passer de 5 200 à 6 200 logements d’ici la fin du mandat.
Selon Marc Sciamanna, le nombre de logements étudiants devrait passer de 5 200 à 6 200 logements d’ici la fin du mandat.

Quelle est l’évolution du nombre d’étudiants à Metz?

Marc Sciammana, conseiller municipal délégué à la vie étudiante : « On n’a pas encore les chiffres de l’année 2026, mais on est généralement autour de 24 000 étudiants. Concernant l’évolution, Metz perd en pourcentage plus d’étudiants que Nancy mais la donnée est faussée parce qu’en volume on en perd moins. Je suis en train de me pencher sur le dossier, mais selon les premières estimations, sur les formations de BTS, d’écoles d’ingénieur et de classes préparatoires, on est en augmentation du nombre d’étudiants. La où ça baisse, c’est plutôt dans certaines UFR de l’université.

Beaucoup de bacheliers quittent Metz pour poursuivre leurs études dans d’autres villes. Comment faire pour les garder?

C’est vrai qu’on perd la moitié de nos bacheliers mais on peut se poser la question sur la façon avec laquelle nos jeunes abordent les études, notamment le fait d’intégrer un parcours de mobilité. Mais nous avons une stratégie en trois points. Notre priorité absolue est de faire en sorte que les étudiants retrouvent un environnement qualitatif, notamment en renforçant le nombre de logements. On compte passer de 5 200 à 6 200 logements étudiants d’ici la fin du mandat. La deuxième priorité, c’est de faire en sorte que l’on retrouve des formations nécessaires au développement économique du territoire tout en répondant au souhait des bacheliers. Une métropole comme Metz doit avoir des compétences en IA, communication, numérique, santé etc. Enfin, le troisième point est la réputation. Pendant le premier mandat, on n’arrêtait pas de nous comparer avec Nancy. Mais la question de la réputation ne se place pas à l’échelle de la Lorraine ou du Grand Est. Elle se place à l’échelle de la France, de l’Europe. Et je pense même que pour certaines formations et établissements, il est important d’assurer une réputation de rang mondial.

Le site L’Étudiant classe Metz à la 31ᵉ place au classement des meilleures villes étudiantes (même nombre de points entre la 31ᵉ place et la 40ᵉ). Est-ce important pour vous?

Je regarde ces classements, ils sont importants parce que les familles les regardent également. C’est vrai que ce n’est pas à la hauteur de nos ambitions d’être au-delà du top 30. Cela dit, en 2024, on a reçu la plus forte progression à ce classement. Je pense que nos efforts ont été reconnus par le magazine. Mais chaque année, les critères changent donc c’est compliqué de comparer. Le volume de formation est un indicateur qui pèse beaucoup de points. On hérite d’un passé qui fait que des villes comme Nancy, Strasbourg ou Lyon sont largement prioritaires par rapport à nous.

Est-ce que vous avez l’ambition de faire le lien entre le Technopôle et le Saulcy? Actuellement, c’est comme si les deux sites étaient dans des villes différentes…

Je suis d’accord que ça crée des communautés et on a quelques pistes de réflexion pour les casser. Après la création du Cap en centre-ville (voir ci-dessous), on peut imaginer un type de lieu qui ferait venir les étudiants du centre-ville au Technopôle. Si le Technopôle est l’image de la science et des technologies, il faudrait peut-être créer un mini-palais de la découverte ou un musée scientifique. Cela amènerait peut-être des étudiants du centre-ville qui croiseraient ceux du Technopôle et cela pourrait créer des liens. Ça fait partie des choses sur lesquelles on cogite et on sait que le foncier de nos bâtiments n’est pas surexploité. On peut faire. Il faut juste donner envie aux étudiants du Saulcy d’aller au Technopôle.

Deux ans après son ouverture, le Cap maintient le bateau à flot

À l’initiative de Marc Sciamanna, le Cap, maison des étudiants et de la jeunesse, a été créé en 2024. Deux ans plus tard, l’heure est au bilan. Et ce dernier est positif. Sur les derniers chiffres de septembre 2026, la structure enregistre 250 passages par jour. Plus d’un million d’euros avait été déboursé par la ville et 150 000 € par la métropole pour rénover cet espace de 600 m².

«Les premiers mois étaient assez glacials et j’avais vraiment peur que ce lieu ne prenne pas, avoue Marc Sciamanna. Mais désormais, il y a une vraie appropriation du lieu par les Messins et les associations. C’est un lieu très vivant.» Le midi, différentes associations proposent des repas et font découvrir des ingrédients du monde. D’autres organisent des animations autour du jeu vidéo. Un lieu qui fonctionne à tel point qu’une extension serait dans les tuyaux.

Simon Guerin

(Le Républicain lorrain)

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