Arbres tombés et sentiers caducs : des chemins de randonnée à revoir dans la Fensch

Le tandem sécheresse et canicule a malmené la forêt dans la vallée de la Fensch. Le point avec Dominique Picazo, le président du Club vosgien de Thionville.

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Entre Bellevue et Saint-Nicolas, à Hayange, un sentier à l’anneau jaune est parsemé d’arbres morts.
Entre Bellevue et Saint-Nicolas, à Hayange, un sentier à l’anneau jaune est parsemé d’arbres morts.

Ces temps-ci, il faut être agile en forêt. Les sentiers sont parsemés d’arbres morts affaiblis par la canicule et la sécheresse ou abattus par les vents. Il faut savoir glisser par-dessous, les enjamber ou les contourner. Si vous avez lu nos derniers comptes rendus de balades en forêt autour de Hayange ou Fameck, vous le savez. La vallée de la Fensch possède son lot de chutes et de troncs en travers des chemins. Qui doit s’en occuper ? Quand ? Comment ? Et d’ailleurs, ces sentiers sont-ils encore d’actualité ? Et comment fait-on quand la voie a été avalée par un champ ? On a interrogé Dominique Picazo, le président du Club vosgien de Thionville. Par convention, son association est en charge du balisage et de l’entretien de la cinquantaine de sentiers du territoire de Thionville Fensch Agglomération (TFA). Mais on va le voir, tout n’est pas si simple.

Morts

Les bénévoles du Club vosgien de Thionville démarrent leurs travaux d’entretien dès mars-avril. Il y a 500 km de sentiers. Ces bénévoles ne sont pas nombreux, tout ce travail prend du temps. «Le problème, c’est qu’en mai, tout repousse, et il faudrait repasser», débute Dominique Picazo. Pour couper les arbres, ils utilisent une cisaille et une petite tronçonneuse à batterie, rien de plus. «On ne dépasse pas les diamètres de 5 cm.» Alors quid des arbres morts en travers ? C’est là que ça se complique. «Tout dépend sur quel territoire on est. Si on est sur du privé, sur des forêts de l’Office national des forêts ou sur des parcelles communales. On doit d’abord relayer auprès des services de TFA.» Ensuite, ils joindront l’Office national des forêts, les espaces verts des communes ou trouveront un prestataire. Ça peut prendre du temps, surtout à une période où les arbres morts tombent en pagaille. «On est alors obligés de modifier les circuits.»

Vocation

Avec ça, des chemins disparaissent, comme à hauteur des Grands-Bois, avalés par les labours. Dominique Picazo cite le circuit du Cachetel à Fontoy, lui aussi en partie disparu. C’est toute une démarche pour convaincre de les réhabiliter. À moins de détourner le sentier. Car, au fond, se pose la question suivante : ces chemins de randonnée sont-ils encore justifiés ? On parle là des sentiers balisés aux anneaux rouge, vert, bleu et jaune situés dans la Fensch.

«On doit se poser la question de leur pertinence», admet le président. Des exemples ? L’anneau jaune longe le boulevard des Vosges sur un kilomètre à Saint-Nicolas-en-Forêt. Un kilomètre tout droit sur du bitume ? Pour quel intérêt ? L’anneau vert lui longe l’A30, ce qui le rend insupportable. Ces sentiers ont été créés il y a quarante ans.» Le paysage urbain et les flux ne sont plus les mêmes. Le Club vosgien de Thionville s’est engagé à faire inscrire les sentiers du Val de Fensch dans le PDIPR, le Plan départemental des itinéraires de randonnée. Il envisage d’en profiter pour changer les itinéraires. «Aujourd’hui, la nouvelle politique est de leur donner une vocation», pas d’aller d’un point à un autre ou en boucle, mais de faire découvrir un spot, une particularité, un biotope. Avec ce critère, les sentiers des anneaux sont bons à revoir.

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