Après l’incendie chez Safe à Amnéville : «Les éléments ont joué contre nous»

Le 2 août, un violent incendie frappait les installations de l’usine Safe, à Gandrange-Amnéville. Alors que les éventuels impacts sur l’environnement ne sont pas encore connus, la direction de Suez revient sur le déclenchement du sinistre et sur les inspections de la Dreal. Pour le groupe français, le site mosellan était dans les clous.

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Le 2 août, sous une chaleur accablante, l’entrepôt de Safe était emporté par les flammes tandis que le réseau d’eau était en maintenance.
Le 2 août, sous une chaleur accablante, l’entrepôt de Safe était emporté par les flammes tandis que le réseau d’eau était en maintenance.

Inconnue jusqu’ici au bataillon, silencieuse après l’incendie, Safe (ou plutôt le groupe Suez dont elle dépend) abat désormais la carte de la communication, assurant jouer la pleine «transparence» avec l’opinion et les autorités. Après avoir levé le voile sur son activité en ce début de semaine, la société spécialisée dans le traitement des déchets industriels revient sur l’incendie du 2 août et sur les inspections de la Dreal avant et après l’événement.

L’essentiel a déjà été dit concernant le feu d’ampleur ayant sévi en ce premier dimanche du mois : sous réserve des conclusions des diverses enquêtes (judiciaire et administrative), le réseau de distribution d’eau était en maintenance depuis la veille. Par conséquent, le système d’arrosage de l’entrepôt calciné ne se serait pas enclenché au moment où les choses ont commencé à se gâter. «Il s’agit de la conduite d’eau qui alimente toutes les entreprises du site industriel de Gandrange. Ce n’est pas nous qui décidons de cette maintenance ni de sa date», appuie Clément Ritter, le directeur de la communication chez Suez pour le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté.

Maintenance et coupure d’eau

Le porte-parole du groupe spécialisé dans la gestion de l’eau (production d’eau potable, assainissement) et des déchets suppose : «Cette opération annuelle était sans doute prévue ce premier week-end d’août, au cœur de l’été, parce que l’activité industrielle y est moins intense. Cela cause un moindre impact aux entreprises installées sur le site.» Au regard de cet été caniculaire et dramatiquement sec, ladite maintenance n’aurait-elle pas dû être repoussée ? «Je n’ai pas la réponse. Ce que je peux dire, c’est que notre salarié d’astreinte a effectué sa ronde dans l’entrepôt la veille (de l’incendie) avec sa caméra thermique et qu’il n’y avait rien d’anormal.»

Clément Ritter rappelle également qu’en cas d’alerte, «nous disposions d’un bassin de 800 m3 qui avait été rempli avant la coupure. Seulement, en raison de la violence du feu et du sens du vent, les sapeurs-pompiers n’ont pu accéder à ce bassin. Les éléments ont joué contre nous. Faut-il déplacer le bassin vers un endroit plus éloigné ? Il est encore trop tôt pour le dire. Il y aura un retour d’expérience.»

«On avait le débit réglementaire»

Lors de leur inspection de la plateforme en septembre 2025, les agents de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) avaient tout de même noté des «manques et incohérences» dans la manière de faire de Safe. Clément Ritter rétorque : «Contrairement à ce que l’on a pu lire dans la presse, il ne manquait pas d’extincteurs. La réglementation exigeait un débit d’eau de 600 m3/heure. Or, entre les bornes incendies du site et notre groupe motopompe de 500 m3/heure, nous étions à un total de 729 m3/heure. Seulement, nous avons manqué de précision dans notre réponse à la Dreal. Nous avons manqué de clarté, c’est notre faute.»

Clément Ritter le répète haut et fort : «Safe est dans les clous et l’on continue à collaborer avec les services de l’État.» Contactée, la préfecture précise, à l’issue de la nouvelle inspection de la Dreal diligentée au lendemain de l’incendie (elle était prévue au départ en septembre 2026) : «Plusieurs écarts ont été relevés concernant la sécurité incendie…».

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