Après l’accident : le combat d’une famille lorraine
Le 15 avril dernier, Téo, un jeune Lorrain de 23 ans qui revenait du travail, est percuté par une voiture arrivant à contresens sur un rond-point à Jarny. Cinq mois plus tard, l’affaire connaît son dénouement.
Cinq mois après l’accident impliquant Téo, jeune homme de 23 ans, et un automobiliste du même âge, qui avait pris le rond-point de la rue de Metz à Jarny à contresens, la justice est passée. De longs mois d’attente pour la famille. Le dénouement de l’affaire est arrivé d’un coup mercredi 2 septembre. Le prévenu a été reconnu pleinement responsable de l’accident survenu mercredi 15 avril dernier. D’autant qu’il avait été contrôlé positif aux stupéfiants en récidive. Il a été condamné à dix mois de prison dont six avec sursis et quatre mois ferme. Une peine qu’il pourrait purger sous bracelet électronique. Son permis de conduire est annulé avec l’interdiction de le repasser pendant six mois.
«Souffler loin de cette affaire»
La famille, durant ces cinq mois, n’a guère eu le temps de digérer les faits. «Aujourd’hui, mon fils a perdu son travail. Quand on est en long arrêt maladie et qu’on travaille en intérim, il n’y a pas de miracle…», lance son père. «Je souffre encore de douleurs au dos et aux cervicales, précise Téo. Mais le plus dur est l’aspect psychologique : cauchemars, difficultés à trouver le sommeil, peur de reprendre le volant…» Le Jarnysien espère que l’homme responsable de ses maux «prenne conscience de son comportement irresponsable». Son père est beaucoup plus sévère à l’égard d’un jeune qu’il décrit, au moment du procès, fort peu contrit, venu à l’audience escorté d’une dizaine d’amis. «La juge l’a incité à présenter ses excuses. Il s’est retourné d’un quart de tour et a lancé : « Je vous souhaite mes excuses ».» Un comportement que le papa vit comme une énième provocation. L’animosité serait encore assez vive — sur les lieux de l’accident, le ton était monté — pour que le Jarnysien incite son fils à s’éloigner jusque Toulouse. «Souffler loin de cette affaire.»
Il précise que, si son assurance automobile a pris en charge une partie des frais occasionnés par l’accident, «la franchise a été bloquée. Il a fallu acheter un nouveau véhicule. Avec le surcoût de l’assurance, on en a pour 10 000 euros de notre poche. On économise pendant des années pour cette somme».
La procédure civile pour l’indemnisation des victimes est toutefois encore en cours. L’audience doit se tenir le 7 janvier 2027. «Nous, on n’y connaît rien alors, qu’en face, on a affaire à un récidiviste qui est informé des rouages de la justice. Mais on va se battre, on ne lâchera pas.»
(Le Républicain lorrain)