«Acte V» de la mobilisation lycéenne : moins de manifestants mais une colère toujours aussi présente

Moselle-Est et Sud, Lorraine-Nord, Pays-Haut : les manifestations liées au mouvement lycéen dans les rues des principales villes de Lorraine n’avaient rien à voir avec celles de la semaine dernière.

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Les étudiants ont mené le bal de la contestation, dans les rues du centre-ville messin, en soutien aux lycéens. «Mais nous aussi, nous souffrons d’un manque de moyens.»
Les étudiants ont mené le bal de la contestation, dans les rues du centre-ville messin, en soutien aux lycéens. «Mais nous aussi, nous souffrons d’un manque de moyens.»

L’absence des lycéens contestataires devant les grilles de leur établissement, à Metz, Hagondange ou encore Talange, était peut-être le signe d’une faible mobilisation à venir. Ou alors les jeunes préservaient-ils leur force pour le grand cortège de l’après-midi, dans les rues de la capitale mosellane? Mais de rassemblement fédérateur, il n’y a point eu. Certes, on a battu le pavé dans les artères du centre-ville, ce 13 octobre. Mais les marcheurs étaient moins nombreux qu’espéré. Les rangs étaient en tout cas moins fournis que la semaine dernière, où 3 000 personnes avaient défilé.

Pour ce chapitre V de la fronde, les chiffres allaient de «450 participants» aux yeux de la police, à «un petit millier» pour les principaux intéressés. Et encore, les lycéens étaient très minoritaires au sein du cortège. En tête de gondole, on retrouvait les étudiants, parmi lesquels certains avaient tenté de troubler la quiétude du Saulcy, le matin même; à l’arrière, on remarquait la présence des personnels de l’Éducation, réunis sous la bannière de l’intersyndicale organisatrice de cette nouvelle journée d’action. En queue de peloton, quelques drapeaux aux couleurs de LFI et du NPA-Révolutionnaires flottaient dans les airs.

«Les convictions ne dépendent pas de la météo»

Le mouvement se voulait d’ailleurs avant tout un rassemblement de soutien aux lycéens. Après tout, entre manque de moyens, sous-effectif et coupes budgétaires, tout le monde est un peu dans le même bain. Ou plutôt dans la même galère. Les slogans variés et inspirés étaient le reflet d’un semblable tableau noir : une mauvaise gestion du pays, une redistribution erratique des richesses, dans un pays qui se positionne comme la septième puissance économique mondiale. «Du fric pour les services publics, de l’argent pour les agents», «de l’argent pour les salaires, pas pour la guerre», « stop à l’économie de guerre », «tout augmente sauf les salaires, y en a marre de cette galère», tels étaient les cris de ralliement entendus dans les rangs.

Des passants et touristes souriaient au passage du cortège, parti de la place de la Comédie pour se terminer sur la bien nommée place de la République, avec un ciel d’automne gris et humide comme principal témoin. Une triste météo comme symbole d’un climat social bien nuageux. «Ils sont moins nombreux que la dernière fois, mais les convictions ne dépendent pas de la météo», souffle Françoise, 70 printemps, retraitée de la santé et qui appuie à 100 % le mouvement.

«On ne sait même plus pourquoi ils manifestent»

D’autres en revanche commencent à en avoir assez de ces mobilisations à répétition. «On ne sait même plus pourquoi ils manifestent. Ça part dans tous les sens. Et surtout, ils nous empêchent de travailler», grommelle Kevin, un commerçant d’En-Fournirue. Lequel voit rouge en apercevant les drapeaux de LFI.

Un peu plus en amont dans le cortège, une militante de cette gauche de la gauche donne des tracts à des passants bienveillants (d’autres ne prennent pas les dépliants) et réagit après coup aux critiques de Kevin. «On a autant le droit que les syndicats et les jeunes d’être là. Les problèmes qui touchent le pays vont au-delà des horizons politiques», répond ainsi Maryline, qui œuvrait dans le secteur hospitalier avant de prendre sa retraite «au bon moment». La sexagénaire pense à ses deux grands qui vont devoir travailler plus longtemps et qui devront composer avec les moyens du bord. «Surtout le cadet : il accompagne les personnes en situation de handicap et il voit bien que les conditions de travail se dégradent.»

«On souffre tous des coupes budgétaires et de cette politique d’austérité», résume Céline Kautz à l’arrivée du cortège. La secrétaire départementale de FO lycées et collèges souligne au marqueur rouge : «Les problèmes sont partout. Les dirigeants de notre pays sont en train de casser l’héritage de mai-68 et ne font qu’exacerber les tensions. Ce n’est pas pour rien que les transporteurs routiers vont manifester à leur tour (NDLR : le 15 octobre) avant la mobilisation générale de samedi, même si cet appel à manifester émane des réseaux sociaux et non des syndicats. Mais les motifs de contestation sont les mêmes : distribution inégale des richesses, perte du pouvoir d’achat…»

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