Abbaye de Longeville-lès-Saint-Avold : quel avenir pour l’une des plus vieilles bâtisses de Moselle?
Inoccupée depuis 2018, l’abbaye Saint-Martin-des-Glandières est en quête d’un second souffle. Après avoir fait l’acquisition du site en 2025 via l’Établissement public foncier du Grand Est (EPFGE), la commune de Longeville-lès-Saint-Avold étudie toutes les pistes pour dessiner le futur visage de cet édifice d’exception.
L’histoire de Longeville-lès-Saint-Avold se confond avec celle de l’abbaye Saint-Martin-des-Glandières. La localité s’est développée autour de ce haut lieu de l’ordre bénédictin, dont les origines remontent à la fin du VIᵉ siècle. «Les cultures en terrasses aménagées par les moines sont encore visibles en forêt», souligne le maire de la commune, Emmanuel Thiry.
Devenue successivement un hôpital, un centre de formation pour le Reichsarbeitsdienst (Service du travail de l’Allemagne nazie), une maison de repos, puis un centre de soins de suite, l’ancienne abbaye est inoccupée depuis 2018.
Un potentiel considérable
Le potentiel est considérable, à la hauteur des investissements nécessaires pour le réhabiliter, estimés à plusieurs millions d’euros.
Le domaine déploie au moins une cinquantaine de chambres sur deux niveaux, de vastes salons en rez-de-chaussée, une cuisine de 350 m² en sous-sol, sans oublier un parc arboré de 4 hectares.
Ce lieu d’exception avait été mis aux enchères début 2025. En parallèle de cette vente, la Ville est entrée en négociation directe avec le propriétaire des lieux (le promoteur Auert Corporation).
Les enchères n’ayant finalement pas abouti, la municipalité s’est appuyée sur l’Établissement public foncier du Grand Est (EPFGE) pour assurer le portage foncier de l’acquisition, d’un montant de 500 000 euros HT.
Chapelle à l’euro symbolique
L’accord entre l’organisme public et la municipalité porte sur une durée de 5 ans, renouvelable une fois. «Ce temps va nous permettre de trouver une vocation au site sans que cela pèse sur notre trésorerie. Nous voulions être partie prenante dans la gouvernance du projet concernant l’abbaye et, pour cela, il fallait être propriétaire», affirme Emmanuel Thiry.
À noter que la chapelle attenante a été cédée pour un euro symbolique à la Ville et n’entre pas dans le périmètre du portage mené par l’EPFGE.
Un audit technique et architectural devrait être mené début 2027 sur l’ensemble du site, chapelle comprise. «Il nous permettra d’être au clair sur les travaux exacts dont le bâtiment a besoin pour assurer sa pérennité, d’avoir le détail des réseaux, des emprises…»
Après le temps des audits s’ouvrira celui de la faisabilité. «Nous voulons réfléchir à l’ensemble des axes de développement du site», poursuit l’édile.
Sauvegarde de la qualité paysagère
La Ville a déjà rencontré des prospects et ne se fixe aucune ligne rouge concernant la reconversion des lieux. Logements seniors, hôtellerie haut de gamme, projet public, privé ou mixte : aucune porte n’est fermée.
La sauvegarde de la qualité paysagère et architecturale du site est en revanche non négociable. Le futur occupant devra «préserver le bâtiment historique et notamment les salles au rez-de-chaussée, ne pas rajouter une aile, ne pas proposer d’aménagement d’habitat sur les parties foncières derrière le bâtiment…», énumère Emmanuel Thiry.
L’avenir de l’une des plus anciennes abbayes de Moselle devrait s’affiner au cours de l’été prochain, lorsque les résultats des audits auront été remis à la commune.
Adrien Jacquot
Le Républicain lorrain