À Longwy, c’est déjà la ruée sur les fournitures scolaires
À quelques semaines de la rentrée, de plus en plus de parents s’empressent d’acheter les fournitures scolaires. En cause : des rayons qui se vident rapidement, une inflation persistante et l’envie de ne pas gâcher la fin des vacances scolaires avec une tâche souvent perçue comme une corvée.
Chaque année, c’est la même course : anticiper pour éviter la pénurie. Mais cette fois, les chariots se font plus lourds et les additions plus salées.
Selon une étude de l’UFC-Que Choisir, le prix des fournitures scolaires a augmenté de 2 % par rapport à 2024. Une hausse liée à l’inflation des matières premières, notamment le papier et le plastique, amorcée dès 2022 et toujours pas résorbée.
«Je n’ai pas pu comparer les prix. D’habitude, je fais mes courses en août, mais cette année, ça a bien augmenté», souffle Tiffany Smet, originaire de Saulnes, près de Villerupt. Pour elle, l’objectif est double : économiser du temps et éviter le casse-tête à son retour de vacances. Ses enfants rentrent le 31 août, elle préfère s’en occuper avant.
«Il y a des agendas basiques moins chers, mais je veux leur faire plaisir sans me ruiner non plus», explique-t-elle en pointant du doigt le prix des agendas. À cela s’ajoutent les feutres, les cartables de marque et autres petites «folies» : le budget grimpe vite.
Même constat pour Sabrina, venue de Mont-Saint-Martin avec son fils qui va entrer en classe de CM1. Elle évalue à 40 euros l’augmentation par rapport à l’an dernier. «Heureusement que la liste est plus courte en primaire. Rien qu’un agenda One Piece, c’est déjà 10 euros, mais il le mérite, il travaille bien.»
Des listes coûteuses à boucler
D’autres parents, comme Badr et Fatima Kechache, s’inquiètent davantage des coûts au collège. «Les matières spécifiques nous reviennent cher : mathématiques, arts plastiques… On regarde toutes les promotions, mais malgré tout, on a constaté une hausse sur le ticket de caisse.»
Certaines familles bénéficient d’un coup de pouce. «La mairie de Mont-Saint-Martin nous donne une carte de 80 euros», confie la famille Kechache. Un soutien bienvenu, mais avec une contrepartie : faire ses achats dans une enseigne précise. Une contrainte géographique qui limite l’accès aux magasins discount, parfois plus compétitifs.
Chez Auchan, la direction assure contenir les prix. «Pas de hausse prévue, même à la rentrée. On s’aligne sur la concurrence, notamment Leclerc», affirme la responsable du magasin.
On assiste là à une bataille à coups de centimes d’euros, dont on ne visualise pas forcément l’arrière-cour, sur fond de bagarre entre fournisseurs et distributeurs. Il faudrait expliquer le dessous des cartables comme on explique le dessous des cartes. Les enseignes comptent aussi sur les aides des comités d’entreprise ou des collectivités pour soulager les familles.
Mais pour de nombreux parents, le risque est de se retrouver, fin août, face à des rayons où il ne restera peut-être plus que des stylos verts et des cahiers à spirale, trop fins ou trop chers.
Car c’est le lot commun de tous : on s’y perd dans les références, les cotes, les promos, les offres. Entre les grands carreaux 48 pages et les cahiers travaux pratiques à 96 pages, on ne sait plus où donner de la tête.
D’où les offres appuyées de la vente en ligne : confiez-nous votre liste de rentrée, on s’occupe de tout. Mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : la part des envies, des coups de cœur, des influences, des marques, de la pression sociale…
Qui font qu’au final, on va acheter le cartable La Reine des neiges à 34,95 euros, soit trois fois le prix d’un cartable ordinaire.