4Murs envisage de fermer tous ses magasins

C’est le dernier acteur du papier peint français, voire européen : l’enseigne nationale 4Murs, dont le siège est implanté à Marly, à côté de Metz, planche sur un plan de sauvegarde de l’emploi. La fermeture des 80 magasins physiques de la société en France est envisagée. Pour survivre, un recentrage sur le commerce digital est en réflexion approfondie.

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Depuis 2015, la société avait tenté un virage avec des concept-stores afin de se diversifier des seuls papiers peints.
Depuis 2015, la société avait tenté un virage avec des concept-stores afin de se diversifier des seuls papiers peints.

C’est un coup dur pour la société mosellane, «dernier acteur du papier peint français, voire européen» et ses 500 collaborateurs en France. L’entreprise 4Murs travaille à l’élaboration d’un plan de sauvegarde de l’emploi qui se dirige vers la fermeture des 80 magasins de l’enseigne.

Les négociations sont en cours avec les instances représentatives du personnel. Le calendrier devrait se préciser début 2026. La société familiale, spécialisée historiquement dans la conception et la vente de papier peint, a installé son siège à Marly, à côté de Metz, depuis 1969.

C’est ici que ces décisions, douloureuses, sont prises, notamment par Christophe Ranchoup, le directeur général de 4Murs. Il évoque, sans langue de bois, un contexte qui s’impose face à la crise du marché de l’équipement de la maison. Le pouvoir d’achat diminue, les incertitudes géopolitiques s’accentuent. Pas le moment de refaire son salon ou d’acheter une maison à rénover.

Tout un secteur est à la peine : Alinéa a été placé en redressement judiciaire le 20 novembre, les derniers magasins Casa ferment. Maisons du monde a lancé en 2025 un plan de départs volontaires…

«Le magasin physique marque le pas, on n’arrive plus à trouver un équilibre de rentabilité. L’ultradiscount évolue de plus en plus vite. Ce n’est pas conjoncturel, c’est une lame de fond. Nous devons nous poser des questions face à une réalité crue, sans détour», plaide Christophe Ranchoup.

L’option de se recentrer exclusivement sur la vente en ligne «omnicanale» est sur la table. «On parle de la continuité de l’entreprise. Tout est encore en discussion, mais il s’agit de prendre un pivot digital très important, progressivement. Cela va avoir des conséquences humaines importantes», concède-t-il.

Des concept-stores lancés en 2015

Consciente de la difficulté de se limiter au seul secteur de la décoration murale, alors que les volumes diminuaient, l’entreprise 4Murs avait négocié un virage en 2015. Plusieurs de ses magasins historiques avaient été transformés en concept-stores. Objectif : se diversifier.

«Cela a produit des résultats intéressants, pour continuer à proposer une expérience client différentielle. On a investi. Mais depuis la guerre en Ukraine, avec la tension sur les matières premières, l’énergie, le transport, l’effet ciseau est trop impactant.

Le chiffre d’affaires n’est plus au rendez-vous, nos charges augmentent. On ne s’est pas réveillés, récemment. Depuis plusieurs mois, nous nous battons. Et on pourra dire, avec nos collaborateurs, qu’on se sera bien battus face à un contexte d’ensemble.»

En 2023, l’enseigne avançait un chiffre d’affaires de 92 millions d’euros, 700 collaborateurs et 107 magasins en France et en Belgique. Depuis quelques mois, des magasins ont déjà tiré le rideau, comme à Saint-Dié, dans les Vosges, début novembre.

La société prend donc les devants, avec lucidité, pour «accompagner les collaborateurs dignement», sans passer par le couperet d’une procédure collective. Une façon d’avoir les coudées un peu plus franches avant d’avoir le couteau sous la gorge et de pouvoir ainsi «construire notre projet avec une partie des équipes».

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