«Une bonne année pour l’apiculture malgré l’été»

Andreas Reichart, conseiller de la fédération nationale d’apiculture, fait le point sur la santé des colonies après un été brûlant mais supportable pour les abeilles.

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Grâce à leurs techniques d'isolation des ruches, les abeilles ont supporté l'été caniculaire.
Grâce à leurs techniques d'isolation des ruches, les abeilles ont supporté l'été caniculaire.

Cet été exceptionnellement chaud a-t-il impacté l’apiculture luxembourgeoise?

Andreas Reichart : Contrairement aux autres cultures, on peut dire que c’est une bonne année pour l’apiculture malgré l’été. Nous avons la chance que le pollen soit récolté entre avril et juin et les vagues de chaleur sont arrivées plus tard, à la fin de la saison. En juillet et août, lorsqu’il faisait très chaud, les abeilles se sont plutôt concentrées sur le rafraîchissement des ruches. De toute façon, elles ne trouvaient plus de nectar sur les arbres tardifs, car il faisait trop sec. Après un tel été, on pourrait croire que les colonies sont faibles, mais ce n’est pas le cas, au contraire. Nous avons des colonies fortes et en bonne santé, nous avons de la chance.

La chaleur a-t-elle un effet sur le taux de sucre du miel?

Non, car lorsque la récolte est terminée et qu’il n’y a plus de nectar qui entre dans la ruche, nous attendons une ou deux semaines afin d’extraire et récolter le miel. La qualité n’est donc pas menacée par les grosses chaleurs. Et puis, les abeilles contrôlent très bien l’humidité et la chaleur au sein de leur ruche. À l’intérieur, il ne fait pas plus de 36 °C grâce à leur technique de régulation qui consiste à collecter de l’eau afin de remplir les alvéoles de cire vides avec de petites gouttes. Quand il fait plus de 33 °C, elles récoltent surtout de l’eau et ne butinent pas. Et quand il fait très chaud, on peut observer des centaines d’abeilles en dehors de la ruche, accrochées à l’entrée afin d’éviter que la ruche ne surchauffe. Et le matin, quand il fait plus frais, elles y rentrent.

Malgré tout, si les étés se réchauffent au fil des années, est-ce une menace à long terme?

Cette année, nous avons de la chance que la vague de chaleur soit arrivée plutôt tard. Si cela avait été le cas en mai, voire en avril, cela aurait eu bien plus d’impact, car les abeilles n’auraient pas pu récolter leur nectar comme d’habitude et les apiculteurs auraient donc eu moins de miel. Néanmoins, les insectes sont souvent gagnants lorsque la température augmente, puisqu’ils ont besoin de chaleur pour vivre. Par exemple, les abeilles sortent uniquement lorsqu’il fait plus de 11 °C dehors et commencent à butiner à partir de 15 °C.

On peut donc dire que les abeilles aiment la chaleur plus que nous. Elles sont aussi très opportunistes, car elles ne butinent pas auprès de fleurs particulières, elles prennent partout où elles peuvent le faire. C’est donc un avantage pour elles. Ici, au Luxembourg, un été jusqu’à 40 °C, cela leur va. Par contre, dans le sud de l’Europe, près de la Méditerranée, elles ont plus de problèmes, car il fait parfois jusqu’à 50 °C.

Cependant, nous pouvons tout de même commencer à agir en cherchant de nouveaux endroits où les abeilles puissent être à l’ombre l’après-midi, quand le soleil tape fort. Il faut également leur donner de l’espace sous la ruche afin que de l’air puisse entrer et la ventiler. Peut-être que nous pourrions également commencer à peindre nos ruches en marron, blanc ou vert, afin qu’elles ne chauffent pas trop.

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