Carburants : la facture flambe pour les ménages et les entreprises

L’explosion des prix du pétrole, alimentée par les tensions en Iran, pèse sur les ménages et les entreprises au Luxembourg. Diesel et sans-plomb 98 frôlent leurs records historiques.

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20250828.
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Au printemps dernier, le 20 mars exactement, le prix du diesel dépassait pour la première fois en 2026 la barre des 2 euros, s’affichant à 2,0006 euros. L’histoire s’est répétée début septembre, moment auquel le tarif avait à nouveau flambé, augmentant de 15,9 centimes et repassant au-dessus de cette somme symbolique.

Depuis le samedi 12 septembre, la dynamique s’accélère. Sur les pompes, le prix indiqué était de 2,123 euros, soit une augmentation de 9,9 centimes par rapport à la veille. Avec ce tarif, le diesel s’approche à grands pas du record établi le 9 avril 2026, à 2,186 euros. Seulement six centimes séparent les deux sommes. Ce mercredi, ce tarif ne bouge pas d’un centime à la pompe.

Pour mémoire, il est rare que le diesel passe la barre des deux euros. Outre l’année 2026, il faut remonter au 10 mars 2022 et au début de la guerre en Ukraine pour retrouver le carburant à 2,112 euros le litre.

Du côté de l’essence sans-plomb 95, le prix s’affiche à 1,898 euros (+10,5 centimes). Le sans-plomb 98 passe lui aussi au-dessus des deux euros et est vendu à 2,128 euros (+14,5 centimes). Il s’approche du record établi en mai 2022 à 2,15 euros le litre.

La géopolitique rythme les prix

En bout de chaîne, c’est la soupe à la grimace pour les consommateurs, pour lesquels faire le plein pèse de plus en plus lourd. «Les prix des carburants sont régulés au Luxembourg et dépendent des cotations des différents produits sur les Bourses internationales et du taux de change euro-dollar.

Les prix maximums publiés par les autorités reflètent donc l’évolution de ces facteurs avec un certain décalage», explique Jean-Marc Zahlen, secrétaire général du Groupement énergies mobilité Luxembourg (GEML).

Comme en mars dernier, cette hausse est liée à la guerre qui se déroule actuellement en Iran. «Restrictions à Ormuz, attaques contre des infrastructures pétrolières et menaces houthies autour de la mer Rouge. Ces événements compliquent les acheminements et alimentent la crainte de perturbations durables», résume l’expert. Les semaines et mois à venir restent flous quant aux fluctuations tarifaires.

«Tant que les tensions persistent dans la région, les restrictions continueront de peser, notamment sur les coûts d’approvisionnement», souligne Jean-Marc Zahlen.

Une hausse des coûts de production

Comme les ménages, les entreprises doivent elles aussi faire face à l’explosion des prix du pétrole. «En première ligne, les secteurs des transports et de la logistique sont les plus exposés», indique Anthony Villeneuve, économiste à la Chambre de commerce du Luxembourg.

«Plus indirectement, tous les secteurs disposant de flottes, tels que l’artisanat, la construction, le secteur technique et le commerce, sont également impactés. Sans oublier l’industrie, touchée à plusieurs niveaux», poursuit-il.

Tous voient leurs coûts de production augmenter avec la hausse des prix du pétrole, notamment avec une montée des prix d’achat dans le processus de production, comme pour les solvants ou les emballages.

«Il ne faut pas oublier non plus que l’augmentation des prix du pétrole participe à la hausse de l’inflation et donc à l’indexation des salaires. Cette inflation enclenche la suivante et fait grimper la masse salariale des entreprises», rappelle Anthony Villeneuve.

Pas d’aide d’urgence

Pour le moment, aucune aide d’urgence destinée aux ménages et aux entreprises n’a été émise par le gouvernement. Pour limiter l’impact de ces hausses, les consommateurs restent encadrés par le dernier accord tripartite de juin dernier.

«Dans le cadre de la mise en œuvre du Resilienzpak, une réduction de 15 centimes d’euro (TTC) est déjà appliquée par litre de mazout de chauffage sous forme d’une compensation financière pour la période du 1er août au 31 décembre 2026», rappelle le secrétaire général du GEML.

«Selon le communiqué du gouvernement, cette réduction du prix du mazout de chauffage équivaut à une économie de 150 euros pour un ménage sur la base d’une consommation annuelle de 2 500 litres/an. Aussi, une réduction de 5 ct €/l (TTC) s’applique actuellement, jusqu’au 31 décembre 2026, sur les essences et diesel.»

Au-delà de ces aides, les entreprises peuvent également adopter différentes stratégies pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

«L’énergie la moins chère est celle qu’on n’utilise pas», note Anthony Villeneuve en faisant référence à l’efficacité énergétique. «Les entreprises peuvent se tourner, par exemple, vers l’énergie solaire, la décarbonation, une meilleure isolation…»

Des solutions pour lesquelles l’État verse des aides. Deuxième stratégie évoquée par l’économiste : l’électrification de la mobilité et des processus. Une possibilité onéreuse à la mise en place mais qui réduira sur le long terme les dépenses énergétiques.

Toujours à l’abri de la pénurie

En France, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a déclaré : «Il n’y a aucun risque de pénurie» de carburants alors que les prix du gazole et de l’essence continuent de flamber. «Il n’y a aucun risque de pénurie et 90 % des stations n’ont aucune difficulté d’approvisionnement», a-t-elle indiqué, tandis que 10 % connaissent une pénurie d’au moins un carburant.

Côté luxembourgeois, même son de cloche : aucune mention de pénurie n’a été faite depuis le début du conflit en Iran. Une situation sécurisée au Grand-Duché, où les importateurs sont soumis à une obligation de stocks de sécurité équivalant à au moins 93 jours d’importations nettes moyennes.

«Ces stocks sont détenus au Luxembourg et à l’étranger, sous contrôle des autorités, et leur mobilisation relève d’une décision publique», rappelle Jean-Marc Zahlen.

Quant à l’évolution des prix, l’expert indique que «personne ne peut prévoir de manière fiable l’évolution des prix à court terme. Nous conseillons aux consommateurs de suivre régulièrement l’évolution des prix». Une façon de dire que les tarifs peuvent descendre aussi rapidement qu’ils ont bondi.

France : le prix de l’essence dépasse son pic de 2022, le gazole proche du record

Le prix moyen de l’essence en France a dépassé mardi le pic atteint en juin 2022, quelques mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, d’après les calculs réalisés par l’AFP à partir de données gouvernementales.

Le litre d’essence sans plomb 95-E10 (SP95-E10) a coûté en moyenne, mardi, 2,15 euros, d’après les prix rapportés par 7 750 stations-services au ministère de l’Économie. Le gazole, à près de 2,35 euros le litre en moyenne à la pompe, s’est lui approché de son record de 2,38 euros d’avril 2026.

Depuis une semaine, le prix moyen quotidien du SP95-E10 évolue au-dessus de son niveau atteint le 14 juin 2022 (2,11 euros), record d’alors qui avait été alimenté par une forte demande et par les incertitudes liées à la guerre en Ukraine.

Le niveau actuel du SP95-E10 et celui du SP98 (à 2,24 euros en moyenne mardi) s’affichent de loin comme les plus hauts prix enregistrés depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 27 février.

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