«Mohammed Taoussi nous a plus parlé de son portable que de son fils»

Ce mercredi, les institutrices de Wassim ont été entendues par la cour d’assises. Elles ont évoqué les difficultés de l’enfant, mais aussi le comportement de son papa, qui est venu annoncer le décès de son fils à l’école.

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Le petit Wassim est arrivé à l’école d’Habay au printemps 2023. À cette période, il ne fréquentait l’établissement que de manière sporadique, en raison du ramadan, puis d’une fracture du fémur. Il ne fréquentera l’école plus assidûment qu’à partir de la rentrée scolaire de septembre 2023.

Les institutrices et les membres du personnel qui ont côtoyé l’enfant se souviennent d’un petit garçon qui ne tenait pas en place. Il ne parlait pas, poussait des cris, mangeait difficilement et avait un énorme besoin d’attention et de tendresse. Des suspicions d’autisme avaient été évoquées. Les interactions avec les autres enfants étaient d’ailleurs souvent compliquées. En raison de ses difficultés de communication, Wassim frappait et griffait fréquemment ses petits camarades.

La plupart des intervenants gardent un bon souvenir de l’enfant : celui d’un petit garçon adorable dont le papa s’occupait seul.

«Wassim n’a jamais manqué de rien. Il était toujours propre sur lui, sa boîte à goûter était toujours bien garnie et son papa était très présent. Il s’impliquait dans la vie scolaire de son fils et l’emmenait tous les jours en poussette. Son papa semblait très préoccupé par l’évolution et le développement de son fils», se souvient une institutrice.

À l’automne 2023, l’enfant a été absent durant plusieurs jours en raison d’un abcès au niveau du crâne. Plus tard, au mois de novembre, il sera également absent pendant près de deux semaines. Son père expliquera alors que le petit ne mangeait plus correctement depuis plusieurs jours et qu’il était amorphe.

Wassim est retourné temporairement à l’école le 23 novembre.

«Ce jour-là, le petit n’était vraiment pas bien. Il avait de la fièvre, il gémissait. Nous avons donc demandé à monsieur Taoussi de venir le chercher», raconte la directrice de l’école. Elle ajoute avoir appris le décès de l’enfant le samedi 25 novembre, par l’intermédiaire de sa grand-mère maternelle.

Le père de Wassim annonce le décès à l’école

Le lundi 27 novembre, Mohammed Taoussi s’est rendu à l’école pour annoncer lui-même le décès de son fils.

«Il était très nerveux et ne comprenait pas la situation. Il nous a davantage parlé de la perquisition qui avait eu lieu à son domicile et de la saisie de son téléphone que de la disparition de son fils», ont expliqué des institutrices encore très émues.

Certaines d’entre elles culpabilisent toujours, trois ans après les faits.

«Peut-être qu’à l’école, nous sommes passés à côté de quelque chose ou que nous aurions pu intervenir pour éviter cela…», conclut une enseignante.

Une question supplémentaire soumise au jury

Alors que les auditions des témoins sont terminées, les avocats de la défense ont demandé l’ajout d’une question à celles qui seront soumises au jury lors de sa délibération.

Maître Kauten souhaite qu’une question supplémentaire, à laquelle les jurés devront répondre par l’affirmative ou par la négative, leur soit posée. Cette demande élargirait ainsi le champ des possibilités lors des délibérations, au terme desquelles le jury devra se prononcer sur la culpabilité éventuelle de l’accusé.

La question serait libellée comme suit : «Monsieur Taoussi a-t-il volontairement porté des coups ayant entraîné la mort, sans intention de la donner?»

Si les jurés répondaient par l’affirmative à cette question, l’accusé pourrait échapper à une condamnation pour meurtre.

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